Un an d'été !

Carnet de voyage d'une césure par delà les mers et les océans !

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Noumea, Nouvelle Calédonie



D'autres Agros en ballade

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Drôles de bestioles...
Publié dans La Guyane

Le réveil à Wayki à 7h du mat' fut un peu rude, car la nuit fut courte. La veille, on a absolument tenu à rester le plus longtemps possible pour connaître les résultats de l'élection de miss Lotus et pour pouvoir la suivre après avec tout le village jusqu'au fleuve où elle est censé jeter les pétales de lotus à l'eau (ça porte bonheur pour l'année à venir paraît-il)... Mais à 2h du mat', le concours était loin d'être fini, on est donc reparti bredouille, fatigué et terriblement deçu vous pouvez me croire. Tant pis!

Le petit-déj improvisé au bord de la crique Gabriel, en compagnie du grand NutNut (tout droit venu d'Australie messieurs) nous a remis sur pied vite fait bien fait (comprendre Nutella pour les non initiés, je suis obligé de coder malheureusment car le seul nom de "Nutella" rend Juliette complètement folle et hystérique...). Et pour cause! De la marche nous attend. Aller, direction la montagne Favard!

Au bout d'une petite heure de piste tortueuse, on arrive à destination, on se gare comme on peut dans cette végétation envahissante et on s'enfonce dans la forêt profonde... 

La montagne Favard, la montagne de Kaw et la montagne Trésor constitue le massif montagneux le plus arrosé de Guyane. Il y tombe en moyenne 6m d'eau par an. Imaginez un peu ce que ça représente, plus de 10 fois ce qu'il pleut à Paris! C'est pour dire! Mais jour de chance, et saison sèche oblige, on eu le droit à un ciel bien bleu avec quelques moutons blancs et un grand soleil. On commence à s'y habituer n'empêche...

La rando est crevante, car je me répète, mais on se le répète ici aussi, il fait chaud! Et là ça monte! Pffff. On ne compte plus les bouteilles d'eau qu'on avale ni même les litres que l'on sue... J'ose même pas imaginé à quoi aurrait ressembler le T-Shirt de EuSBe en haut de la cote... Mais on a su garder l'oeil grand ouvert et on est tombé sur quelques merveilles de la Nature.

Oui, ça y est MC! Tu as ta grenouille multicolore prise en mode super macro de mon appareil photo! (quel talent, j'en suis fier). Une véritable Dendrobates trinctorius! C'est vrai que c'est beau. Mais leur peau a la facheuse tendance d'être recouverte de batrachotoxine qui est un alcaloïde très très très toxique pour l'Homme. C'est simple : les Créoles la considère comme potentiellement mortelle et les Amérindiens en induisent leurs flèches. Alors bon, euh voilà.

La marche nous conduit à la Réserve Naturelle des Marais de Kaw. Un guide en pirogue nous y attend, nous allons partir avec lui à la découverte de la Rivière de Kaw et des savanes inondées qui l'entoure. Une immersion complète dans un sanctuaire naturel, où l'écosystème des marais s'enrichit chaque année par l'installation de nouvelles espèces. Un beau message d'espoir pour tous ceux qui veulent faire de la protection, car lorque les bonnes mesures sont prises, ça marche! Et très bien!

Bref! J'ai adoré! Soleil couchant magnifique sur le marais, avec des dégradés de couleurs surréalistes dans la paysage, ambiance vraiment sympa sur la pirogue (je pense notamment à un forestier du Sud-Ouest assez Sud-Ouest justement), l'observation des animaux était passionante car le guide en connaissait un bon rayon et puis c'est quand même quelquechose de voir tout ce monde évoluer chez eux, oui ça m'a ému sincèrement!

Après un bon apéro sur les marais, avec planteur et Ti'Punch offert, on poursuit les observations la nuit, à la rencontre des cabiaïs, les plus gros rongeurs du monde (de la taille d'une chèvre) et des caïmans de plusieurs mètres de long... Tout simplement super! J'adore la Nature!!!! Plus tard, je voudrais être hippie! ok.

On débarque vers 23h au dégrad de Kaw, la tête pleines de souvenirs uniques! On prend la voiture pour rentrer, encore sous l'émerveillement de tout ce qu'on a pu voir dans cette ambiance nocturne (qui rajoute bcp de poésie à la chose). La piste est toujours aussi tortueuse qu'à l'aller, il fait noir, il n'y a aucune lumière à part celle de nos phares, à droite la forêt, à gauche la forêt... Et pour clore le chapitre, on tombe nez-à-nez avec un puma, majestueux, gigantesque, élancé qui traverse la route d'un pas de galop! Le paroxysme de l'émerveillement est atteint! Juste pour vous signaler, d'après les spécialiste de l'ONCFS, le puma est peut-être l'animal le plus discret de la forêt guyanaise (plus discret encore que le jaguar) et de fait le plus rare à l'observation. Certains scientifiques du campus de Kourou le suivent depuis 20 ans sans jamais l'avoir vu... Sur ce, je n'ai plus rien à dire, bonne nuit!



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Publié à 09:25, le 21/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


L'aventure continue!
Publié dans La Guyane

Et oui Messieurs, Dames! L'aventure continue! Après une semaine de stats et de modélisation acharnée, il est temps de reprendre un peu la route pour profiter un max de la saison sèche! Nous sommes partis à quatre pour le WE dans l'est guyanais, direction les réserves naturelles de Montagne Trésor et des marais de Kaw-Roura. A bord du véhicule, Daniel, un ingénieur allemand qui travaille au centre spatial à Kourou et accessoirement grand buveur de bière et bout-en-train phénoménal, Lucile, Juliette et moi-même. Autant le dire de suite, c'est un groupe qui envoie de la bonne humeur! Le voyage se déroule sans encombre majeure, mis à part quelques bleux au niveau des fessiers pour Juliette et moi, car nous avons fait voyage dans le coffre de la Kangoo comme des hippies! 

Premier arrêt, Roura. Un charmant petit village amérindien, très très paisible, au bord du fleuve Mahury et de l'Oyak. Bon, il ne faut pas se mentir, il n'y a pas grand chose à voir à Roura. C'est vraiment tout petit! Mais l'église, typique de l'architecture guyanaise, vaut bien le détour. "Elle me rappelle Kill Bill" me chuchote Juliette... Et c'est vrai qu'on retrouve une atmosphère proche de celle du film : pas un chat ds les rues, pas un bruit si ce n'est celui du vent et du bout de carton qui virvolte et qui vient taper contre les tôles des maisons, un soleil de plomb qui cogne... On pourrait aussi se croire dans un Western, bref tout une ambiance! Après notre brève visite, on prend le temps de manger au bord du fleuve, de boire 1L d'eau chacun (car il fait vraiment très très chaud), de faire le plein de crème solaire pour les blondinets, d'observer quelques caciques rouges en train de chahuter dans un manguier (d'ailleurs c'est la saison des mangues, c'est génial!), et on repart sans plus s'attarder!

On continue direction Dacca, un hameau laotien pas loin, encore plus petit! Mais là-bas, des canoës nous attendent, car nous allons remonter la crique Gabriel. Oui, en  Guyane, il faut savoir être polyvalent au niveau des moyens de transport pour se déplacer! Car il n'y a qu'une seule route le long du littoral, donc c'est assez limité pour parcourir le territoire. Mais c'est ce qui préserve une des plus belles forêts du monde d'un océan de bitume, alors on est content, hein? Et puis le canoë, c'est cool, non ?

En tout cas, nous, ça nous a plu! On a pagayé pendant 3h sous les 35°C locaux, certes, mais c'est une autre manière de découvrir l'écosystème forestier. D'ailleurs, on découvre une tout autre forêt puisque celle-ci est inondée toute l'année et n'est accessible que par la voie d'eau. on rencontre les fameux moutouchi marécage et leurs racines tortueuses, les éternels moucou-moucou, les champs de pneumatophores, etc. Coté faune, il y a bcp d'oiseaux, certainement des piranhas, petits caïmans, anacondas et j'en passe... On en a pas rencontré. C'est peut-être la raison pour laquelle Lucile a osé se baigner... Mais je peux vous assurer, surtout à vous chers SO et EuSBe, que de se laisser glisser en canoë dans le sens du courant, à écouter le doux bruissement des feuilles et de l'eau légèrement ponctué par les champs des oiseaux et des grenouilles, c'est très bucolique! Ah!

Mais ce n'est pas fini, plus loin, des cascades nous attendent : les chutes du Fourgassié. On est en fin de saison sèche, le réseau de sauts de la crique n'est donc pas à plein débit (voire plutôt en étiage, pour les hydro), mais le site n'en est pas moins charmant. Il en émane une atmosphère très ushuaïa nature même. Chacun a eu le droit à ses douches à thèmes : tonifiante, relaxante, massante...Bref,  un kit rafraîchissant complet, sympa!

On finit enfin par arriver à notre destination finale, le village Wayki, où nous allons passer la nuit. Et ça tombe bien, car ce soir c'est la fête du lotus, fête traditionnelle hmong. Au programme: musique, danses traditionnelles, bouffes laotiennes et... Ja selbstverständlich, Daniel, 's gibt auch Bier, ein Fest ohne Bier ist doch gar kein Fest! Encore une belle occasion pour nous de nous éclater en découvrant une autre culture! Et au niveau culturel, il y avait de quoi faire : on cotoyait des Créoles, des Bushinengués, des Hmong, des Chinois, des Français, un Allemand (oui Daniel)... Il n'y a vraiment qu'aux soirées de "grandes occasions" que tout ce beau monde arrive à se mélanger. La seule fois que j'ai vu un tel melting pote de populations en Guyane c'était aux Transamazoniennes à St-Laurent, sinon, au quotidien c'est tellement rare! La fête serait-elle une union possible pour les peuples? Dans ce cas, qu'est-ce qu'on attend ? Aller, envoie du son DJ et grosse teuf sur la planète (rahh le carnage...) ... C'était le minute humaniste. Ah mais quelle soirée mes amis, très guy...

... élection de miss Lotus! Très guy, je vous dis.

Bon aller, trève de blablabla, on doit aller se coucher nous, car demain matin tôt d'autres aventures nous attendent, bonne nuit, Gute Nacht!



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Publié à 01:31, le 14/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Expédition Sinnamary
Publié dans La Guyane

Aller, cette fois-ci je vais vous parler un peu de ce que je fais pendant mes semaines de boulot. Comme je vous l'ai déjà rapidement expliqué il y a un moment maintenant, mon étude porte sur la dispersion spatiale des espèces d'arbres en forêt tropicale humide. Il s'agit en fait de comprendre les mécanismes écologiques qui détermine la présence ou l'absence d'une espèce donnée en un lieu donné.

Pour mener à bien mes analyses, je dispose de deux jeux de données :

1) un inventaire botanique spatialisé complet, réalisé par mon maître de stage il y a quelques années, de toutes les espèces d'arbres rencontrées sur une zone de plusieurs dizaines d'hectares. Cela représente environ 20 000 arbres et 750 espèces. Concrètement, c'est la-dessus que je planche avec mes statistiques spatiales et mes modélisations pour en sortir des associations quantifiées de type espèce-milieu et des modèles de structure  et de dynamique de peuplements. L'idée globale est de faire la part des choses entre le fait qu'une espèce peut se trouver en un lieu donné car les conditions environnmentales lui sont favorables, et le fait qu'elle puisse se trouver sur ce même lieu simplement par hasard, parce qu'une graine est arrivée ici et a germé et voilà. C'est peut-être lourd à lire mais c'est passionant, croyez-moi, c'est pour ça que j'en parle! 

2) puis un inventaire botanique plus modeste mais plus fin où l'on se focalise sur des espèces inféodées aux zones humides et marécageuses et où l'on intégre des variables de milieu comme des descripteurs pédologiques, des indices d'hydromorphie et de luminosité. Cet inventaire, c'est à moi de le réaliser. Pour ce faire, je me rends régulièrement en pleine forêt accompagné de techniciens sur des sites que j'ai choisi pour leur intérêt et leur pertinence.

C'est donc dans cette optique que je suis parti la semaine dernière sur le fleuve Sinnamary avec Jean-Louis et Michel, deux techniciens IRD, et Lucile pour faire des relevés en ripisylve. Près de deux heures de pirogue  à pleine vitesse avec le capitaine Michel pour rejoindre la forêt profonde et ses trésors naturels que l'on s'apprêtait à analyser! Une véritable expédition scientifique avec tout le barda (matériel terrain, nouriture et eau pour 1 semaine, machettes, hamacs,...). Et oui! Comme vous pouvez difficilement le voir ci-contre on avait des fusils! Au cas où comme ils disent...

L'ambiance sur le terrain fut vraiment très bonne. Les gars étaient hyper efficaces dans le boulot et leur expérience de la forêt m'a aidé plus d'une fois! Et puis le travail dans la forêt et dans la bonne humeur générale, c'est que du bonheur! On rencontre des bestioles bizarres de toutes les tailles (dernière nouveauté le crabe des marais, surprenant), des belles araignées, des serpents,...et des plantes, toutes plus tordues les unes que les autres. Et puis ya toujours ce coté aventure vraiment sympa! 

De retour au camp, le soir, après l'effort le réconfort. Une bonne journée dans la sueur ne peut pas se terminer sans un bon apéro (Ti'Punch obligatoire) et une bonne bouffe. Et pour ça, vous pouvez compter sur capitaine Michel qui nous comblé avec ses plats créoles au feu de bois allègrement accompagnés de nombreuses anecdotes de ses missions en forêt avec l'IRD et d'éclats de rire! Ah on s'est bien marré! Et puis, au risque de me répéter je le redit : qu'est-ce qu'on se sent vivre dans ce bouillon de vie! Il s'en dégage une sorte de sentiment d'être dans le vrai, de retrouver quelquechose, je sais pas trop mais c'est fort! Même si on se sent petit petit petit... Il faut dire que lorsque l'on prend sa douche dans un cadre comme ci-dessous, on ne peut qu'être ému, non ?

Aujourd'hui, ma phase terrain touche à sa fin. Il me reste peut-être encore une semaine d'échantillonage le long du fleuve ou dans un marais ailleurs et puis c'est fini! Place à l'analyse, la rédaction et la soutenance avant de partir... Qu'est-ce que ça passe vite!

Je vous présente quand même mon espèce de prédilection ci-contre, Eperua Rubiginosa :

 

Et pour finir, quelques amies :



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Publié à 09:50, le 6/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Les Transamazoniennes
Publié dans La Guyane

Je préfère éviter toute de suite le moindre malentendu quant aux Transamazoniennes. Que l'on se comprenne bien, cela n'a rien à voir avec les créatures que l'on rencontre aux Arceaux à Montpellier à partir de 20h! Les Transamazoniennes en Guyane, c'est LE gros festival international de reggae du plateau des Guyanes. Les cultures de l'est amazonien y sont à l'honneur : on retrouve aussi bien de la bouffe traditionnelle, des expos photos, de l'artisanat et des groupes de musique provenant du Suriname, du Guyana, du Brésil, de la Guyane et des Grandes Antilles. De loin ça a l'air super classs, non ?

On s'est dit la même chose. On s'est motivé un samedi matin tôt (il était 14h? ah, ok.) et on est parti à cinq pour 4h de route direction St-Laurent du Maroni, LA ville rasta de la Guyane. Au passage je vous présente la fine équipe ci-contre : Lucile, VCAT IRD qui bosse avec moi (une Montpelliéraine, promo 05! c'est fun.), Thomas, garde nature à l'ONCFS venu tout droit du Mercantour pour lutter contre le braconnage en Guyane, Amandine, marseillaise et colloc' de Lucile, Juju que je ne vous présente plus et moi-même. Je ne connais plus le nom de la fillette sur la photo mais elle était marrante.

Bref, revenons sur le dit-festival. C'était nul. La tête d'affiche : Gregory Isaacs. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un grand nom du reggae jamaïcain. Mais vieux. Trop vieux. Sans voix. Et plein de caprices de star à la con. Un Johnny des îles en somme. Son backing band était bien plus intéressant que lui même. Qu'est-ce qu'il m'a fait chié celui-là! Quant aux autres groupes, on a eu le droit à du dancehall parfois marrant mais très souvent très lourd, ou à des chants créoles à l'eau de rose sans parfum... Si, quand même, un chanteur très charismatique de Mauritanie (saviez vous que la Mauritanie se trouve en Amazonie?) a remonté le niveau le temps d'un set éclair...

Mais notre WE ne fut pas raté pour autant. A St-Laurent, on logeait chez le cousin d'Amandine qui avait le bon goût d'avoir une piscine, ma foi très agréable sous les 30° matinaux. Oui, très agréable.

Et puis, on en a profité pour faire un tour à Javouhey, un village Hmong (peuple du Laos réfugié en Guyane) très intéressant pour son marché et ses boui-boui où on peut manger asiatique.

Et puis on s'est arrêté à la crique Morpio, dont la couleur nous a fait pensé à du Coca-Cola. A consommer très frais!

Et puis on a eu notre moment Brigitte Bardot aussi! On a sauvé un paresseux qui essayait de traverser la RN1. Vu l'allure à laquelle il avançait, il se serait fait écrasé par une voiture (qui elles avancent à 130 Km/h) à coup sûr! C'est d'ailleurs un vrai problème pour les paresseux cette route... 

Un vrai moment émotion où on s'est pris le temps de qques minutes pour les sauveurs de la planète!

En tout cas, c'est vraiment marrant ces bêtes-là...



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Publié à 01:11, le 5/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Gentil croco
Publié dans La Guyane

Je vous avais  dit que j'y retournerai! Plus fort! Cette fois-ci, c'est avec Juju que je me suis attaqué aux Pripri de Yiyi! En canoë. Et en forme. Car on est pas là pour déconner!  On est bien décidé à atteindre notre objectif ce matin : voir un caïman! Et ce n'est pas les marais avec ses  herbes folles et ses moustiques qui nous arrêteront! Héhéhé!

Mais l'observation de la faune sauvage dans son milieu naturel n'est pas chose facile. C'est même tout un art! Avec ses subtilités, son feeling et ses techniques. Rien à voir avec ce genre d'expérience de consommation que l'on peut aujourd'hui faire dans les zoos où les animaux dépriment tellement qu'ils ne se cachent même plus... Ici, il faut se donner la peine de se plier aux règles du jeu  et accepter éventuellement de perdre et de renter bredouille (ou avec un bras en moins)... Le résultat n'en est que plus satisfaisant, croyez moi!

C'est donc avec les sages conseils d'un guide d'éco-tourisme fort sympa de la Maison de la Nature de Sinammary que nous nous sommes lancés sur les eaux sombres et calmes des Pripri... Les consignes sont  simples : silence, silence, silence, si "plouf" pas loin, aussitôt dégainer ses jumelles pour repérer l'endroit où l'eau a été troublée, un caïman a certainement du plonger en nous entendant arriver, il ne tardera alors pas à montrer ses yeux rouges à la surface... Ou alors c'est un anaconda...Je ne vous cache pas qu'on est de suite dans l'ambiance... Mais un peu de stress ça fait pas de mal!

On pagaye, on pagaye...C'est calme, très calme.  On profite évidemment du magnifique tableau de bleus et de verts qui s'offre à nous. On fait aussi attention aux oiseaux car il y a de tout dans ces marais : hérons, martin-pêcheurs, rapaces, charognards... Une nouvelle passion pour l'ornitho ? Pourquoi pas. En tout cas, y a un aspect que j'aime bien là dedans!

Au bout d'une petite heure de pagayage (je vous rassure, j'avais aussi une pagaie en main...), on arrive enfin dans l'habitat favori de notre cible... On est aux aguêts... Mais silence... Du vent, des insectes, des oiseaux, des nénuphars, des moucous-moucous, des herbes flottantes. Mais rien ne bouge à la surface de l'eau. Si, des poissons bizarres qui "nagent" en dehors de l'eau me signale Juju... Ok, je vous passe les détails...

Et puis, on commence à se détendre ("plouf"), on discute de choses et d'autres ("plouf"), on rigole, on se débat avec les herbes ("plouf") qui s'accrochent à nos pagaies ("plouf"), on est pas d'accord sur nos manoeuvres ("plouf"), "quand on veut aller à droite, c'est à toi ("plouf") de pagayer!", "ah bon! ("plouf"), ok! mais non ("plouf") c'est à toi!"...("plouf")... et on réalise enfin : "t'as pas entendu un plouf là ?" ("plouf") "Si!"... On est entouré de petits caïmans qui se jettent à l'eau avant même qu'on ne les aperçoivent! C'est frustrant mais pas trop rassurant! On sent bien que ça bouge dans la végétation qui nous entourent, on nous guette!

On finit enfin par en surprendre un qui ne nous a pas repéré. Un caïman à lunette. Un bel animal d'1m-1m50 à même pas 1m de la coque! C'est pas très gros mais c'est déjà gros pour ces petits marais paraît-il... Mais c'est surtout bien gros pour une première observation! Et de si près! On aurait quand même pu passer à coté sans s'en rendre compte si on avait pas été attentif, car son dos ressemblait vraiment à du bois mort flottant à la surface de l'eau (confirmation camarade nécromasse Féfé?).

Malheureusement le scratch de la housse de mon appareil photo l'a surpris. Il a fait un bond surprenant (j'en ai laché l'appareil photo pour chopper la pagaie en guise d'arme!), et il a disparu dans un remou d'eau en temps record en tapant la coque par dessous et en laissant une eau trop calme derrière lui. Et en nous laissant Juju et moi dans un drôle d'état de frayeur! "Il est où?!"... Héééé bé. Une grosse montée d'adrénaline qui vaut bien tous les Space Mountains du monde! Qu'est-ce que c'est rapide ces bestioles là, c'est incroyable! Il ne nous laisserait certainement aucune chance en cas d'attaque dans l'eau, ça c'est clair! Mais il n'y a aucun risque de se faire bouffer par un croco en Guyane n'est-ce pas ?

Bizarrement, on a fait demi-tour. Mais on était ravi de notre aventure! Et surtout on est désormais prêt pour d'autres caïmans, plus gros et de nuit, lors d'une de nos prochaines expéditions aux marais de Kaw!

(Aga aga! Alala, qu'est-ce qu'on se marre!)



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Publié à 11:42, le 22/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Brazil, Brazil
Publié dans La Guyane

L'aventure continue! Après notre belle nuit à la belle, on est content de retrouver notre voiture entière dans le layon forestier où nous l'avons laissée la veille. Il faut dire que tout au long de la route de l'est (la seule de Guyane, la fameuse RN1, la route la plus mortelle de France), il y a plein de cadavres de caisses volées carbonisées sur le bas coté, et donc malgré sa belle planque dans les buissons, on avait un peu peur pour notre ptite C1... C'est vrai qu'une fois Cayenne dépassée, on n'est plus trop dans un département français, mais plutôt dans un brouillon de France comme on "l'aime" : la route est pourrie et nous oblige à rouler à 50 km/h, les villages sont en tôle rouillée avec un petit fil électrique par ci et par là, le français n'est plus la langue officielle mais celle des méchants, celle des militaires qui ont des barrages de clous et de barbelés sur la route et qui font chier tous ceux qui ont un accent latino (càd presque tout le monde)... On le sent, on le voit,  on est désormais dans le pays des trafiquants de drogues, des gangs de voleurs, des légionnaires et des gendarmes lourdement armés, enragés, répressifs et anti-immigration, des tout petits paysans qui galèrent, des gens prêts à tout pour gagner un peu d'argent... Un vrai contexte post-colonial négligé...Je suis content de découvrir la réalité d'un DOM français, dont l'image est si belle depuis la métropole...

Qu'à cela ne tienne!  On finit par arriver à St-George de l'Oyapock, dernière "ville" guyanaise avant le Brésil. Tout le monde parle portugais, et un peu français. On doit garer notre C1 dans un parking privé gardé, à raison de 10 euros la nuit, afin d'éviter de se la faire défoncer ou voler. Par parking privé, comprenez un bout de terrain, un jardin, ou une cour intérieure où se tassent les voitures. Tout un business. Un bon filon surtout.

On traverse ensuite le fleuve, et nous voilà à Oiapocke au Brésil le temps d'un repas et de quelques bières! Changement radical d'ambiance. Alors que St-Geaorge ressemble à une ville fantôme avec ses bâtiments rouillés, tagués "EDF tue le peuple guyanais", et ses ruelles désertes, Oiapocke envoie du son, fait la fête dès le matin, les gens sont tous dans les rues, chantent, dansent, crient, jouent de l'harmonica, roulent à 4 sur les motos, vendent de la viande ou du poisson grillés, des tissus, des babioles à la con... Un vrai bazar populaire qui me fait penser à certaines ambiances des chansons de Manu Chao. Brazil, Brazil. J'ai vraiment aimé cet aperçu du Brésil et je reviendrai volontiers découvrir ce pays! Surtout pour ses plats de viande à 5 reals! Faut bien qu'il y ait un avantage à déforester dans les cerrados pour faire de l'élevage bovin!

On s'attarde un peu, le temps de faire le plein de nourriture, d'acheter du rhum brésilien dégueu (le 51, je vous le déconseille) et des jus de fruits à base de lait de soja (OGM bien sûr, beuh, dégueu aussi). On reprend la pirogue sur l'Oyapock et direction Saut Maripa à 40 min. en amont.

Le Saut Maripa est une zone de rapide de l'Oyapock de près de 14m de dénivelés. Une zone impressionante, impossible à traverser en pirogue en saison des pluies lorsque le fleuve crache ses quelques millliers de m3/s.

Mais le Saut Maripa est aussi pour nous l'occasion de découvrir un site magnifique qui assouvit notre soif de nature, de paysage, d'ambiance! On en profite pour se baigner, se laver un minimum (après 2 jours de sueur et de crasse ça fait du bien!), se prélasser au soleil, se ballader et vaincre sa peur des crocodiles et des piranhas (n'est-ce pas Juju?).

On cotoit des Amérindiens qui pêchent, des femmes qui lave leur linge, des gosses qui jouent. On cotoit également des légionnaires qui sont en poste dans cette sauvage nature et qui ont pour mission de surveiller les éventuels passages d'orpailleurs clandestins en provenance du Brésil que l'on voit juste en face. Et puis il y a les randonneurs comme nous qui viennent se baigner et passer la nuit près du fleuve. Un drôle de mélange, à l'image d'une drôle de réalité.

La nuit est moins agitée que la précédente, même si les crapauds croassent à tue-tête (j'ai dénombré 12 croassements différents et certains fouttent presque les boules!). Le lendemain commence par un lever de soleil paisible qui réveille doucement toute ce monde aquatique. Une baignade à la fraîche et hop, il faut déjà redécoller, il y a bien du chemin pour rejoindre Kourou! Super week-end!

                Attention Ju! Ya un truc qui va te mordre!



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Publié à 01:44, le 16/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Une belle nuit à la belle
Publié dans La Guyane

Juju est arrivée! A peine rentrée du Bénin et après un séjour éclair en France, la voici maintenant en Amazonie avec moi! Son bilan carbone n'est pas bon mais je suis bien content de la voir (enfin) ici parmi les stagiaires, thésards, VCAT,... de l'UMR. 

Coté boulot ma semaine a été plutôt cool. Le projet dans lequel s'insère mon stage n'a pas reçu les financements promis (phénomène triste mais très commun dans la recherche française...) et la logistique du terrain est donc devenue difficile à assurer. J'ai été en qq sortes au chômage technique...

On en a donc profité pour partir plus tôt en WE (l'avantage d'être stagiaire) et pour se lancer dans une belle expédition de 3 jours . De quoi confronter la Juju à son nouvel environnement : la forêt tropicale humide et toutes ses réjouissances!

Et c'est parti! Direction l'est de la Guyane en C1, arrêt à Cayenne pour récupérer Paul, puis route vers Régina et les Savanes-Roches. Pour la petite explication naturaliste, les Savanes-Roches sont des inselbergs, grands massifs granitiques nus, qui émergent au dessus de la canopée. Un écosystème d'altitude bien particulier où seules certaines herbacées et arbustes ne poussent. Un lieu privilégié pour l'observation des paysages forestiers. Un grand moment d'émotion devant l'immensité que l'on surplombe et où l'on se sent respirer! Aaah.

Après une bonne heure de grimpe dans la forêt, on s'arrête pour la nuit sur cette île ocre et minérale  perdu l'océan de verdure végétale qui nous entoure. Oui j'aime bien les îles, j'avoue.

Contrairement à la paix qu'inspire la panorama, les nuits en forêt ne sont jamais vraiment très calmes. Celle-ci en particulier. Déjà, on a dormi sur une bache, à même la roche. Un inconfort relatif source d'agitation. D'ailleurs j'ai eu une petite pensée pour Youl et Carter dans leur bush australien l'année dernière qui ont inauguré ce style romano-nature que nous avons emprunté ici... Et puis il y a ces foutus insectes qui grattent, qui grimpent, qui nous montent dessus pendant la nuit et qui nous font pschycoter (une araignée? un serpent? non une fourmi géante, ouf, mais est-ce mieux?), il y a les chauves souris qui virvoltent parfois très bas, qui peuvent mordre et qui ont la rage, il y a les châblis qui résonnent d'un coup comme un orage et qui se suivent d'un calme mortel (celui de l'arbre mort), il y a les singes hurleurs qui hurlent comme des minotaures complètement cons durant des heures comme s'ils étaient prêts à nous bouffer et puis toutes ces autres bestioles qui émettent des sons bizarres et qui bougent dans les feuillages! La nuit la forêt s'agite, c'est harlem! Personne ne fait gaffe aux gens qui dorment. Seule la voute céleste est calme... Encore que. Bref, on se sent bien entouré quoi...On a de la compagnie toute la nuit. Une drôle d'ambiance...Mais c'est la vie au sens le plus strict! On sent la forêt devenir une arène de combat sanglante, où tous s'affrontent sans scrupule aucun, aucun empereur n'est là pour accorder sa clémence, le pouce est toujours tourné vers le bas, les plus forts et les plus malins gagnent et les autres crèvent et basta! Et la question qui s'impose : et moi, je suis vraiment fort? Face à la violence du spectacle, la réponse on la connaît et c'est flippant. En tout cas, on pourrait imaginer de la musique tribale, tamtam et didjeeridoo à 200db avec de grosses basses vibrantes (c'est fat!) sans dénaturer ce qui se passe là dans la nuit noire et que l'on ne voit même pas!  Quelque part tout ça c'est beau... en tout cas, j'ai été litérralement bluffé en réalisant le bordel devant lequel je me tenais... C'est marrant mais ça n'a pas trop gêné ma Juju tout ça, elle a dormi comme une souche... ça aussi c'est beau!

Notre réveil au dessus de la brume à 5h du mat' est irréaliste, tout est redevenu calme, gueule de bois généralisée pour tous les fétards de la forêt, l'orgie est terminée...

De notre coté, malgré un manque de sommeil avéré, on est en pleine forme (oui maman je vais bien!) et on est prêt à repartir, machette en main (prêt à me défendre papa!), sac sur le dos, pour de nouvelles aventures! Une ptite pensée pour toi SO-mister rando!

La suite au prochain épisode!



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Publié à 04:22, le 14/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Quand les singes nous singent
Publié dans La Guyane

Vous voyez cet animal? Vous le voyez bien? C'est un saïmiri. Un petit primate arboricole diurne assez commun des forêts du littoral. Un petit singe quoi. Je vous fais un peu de faunistique là. Alors oui c'est vrai, c'est assez mignon à regarder et son pelage gris-jaune a l'air plutôt doux. Peut-être plein de puces mais doux. Les petits cris stridents et les regards qu'il échange avec ses camarades lui donne aussi un charme fou. On pourrait presque y voir un gremlins avec un peu d'imagination, un guizmo, non? Mais ATTENTION! Je vous mets d'emblée en garde! Les saïmiris ont une énergie débordante et une curiosité sans égal! Ils vivent en bande : si vous en voyez un, vous ne tarderez pas à en voir une vingtaine tout autour de vous. Tous sautent inlassablement de branche en branche! De vrais agitateurs qui font tout pour se la péter et attirer votre attention! Et ils prennent vite la confiance les bougres quand ils vous voient galérer à avancer dans la forêt... Alors ils n'hésitent même plus à fouiller dans votre sac (à croire que ces foutus singes ont aussi des sacs à dos chez eux!) et puis ils commencent à s'intéresser plus particuièrement à tout ce qui se mange. Comme votre pique-nique...Et moi j'aime pas trop quand on essaie de me prendre MA nourriture!

Cet individu a été photographié sur l'îlet la Mère où nous passions la journée avec Féfé. Un bout de caillou à 30 min. de mer de Cayenne. Un très bel endroit, préservé de toute construction humaine et renfermant un patrimoine géologique très rare du massif des Guyanes, ce qui implique également un faciès floristique bien particulier. Bref, cette petite île est également appelé l'île aux Singes.

Et on a vite compris pourquoi! Enfin, Féfé a vite compris pourquoi! A peine avait-il sorti son bout de pain à l'heure du déjeuner qu'un gentil saïmiri s'est précipité pour le lui enlever des mains! Avec succès! La bestiole est aussitôt repartie dans les bois qui bordent la plage où nous nous étions installés, avec une fierté tangible... et surtout le bout de pain! Du coup le pique-nique s'est transformé en un jeu d'ego : d'un coté les singes qui avaient l'ascendant moral et qui ne lachaient pas l'affaire devant les denrées que nous possédions, et de l'autre coté l'humain bien décidé à manger tout ce qu'il a apporté (jusqu'à la dernière miette de pain dans le sable) et surtout sans perdre la face devant son cousin phyllogénétique... ça s'est quand même terminé en lancer de sable et en crachas d'eau! et les singes ont eu raison d'une de nos boîte de maquereaux (nos protéines du repas!). Pour une simple question d'honneur, j'estime que nous nous en sommes tirés vainqueurs! YES!

Bon, à part notre vive altércation avec le règne animal, la découverte de l'île nous a également menés à la rencontre de fromagers siamois gigantesques! Je précise juste pour éviter les malentendus que le fromager n'est pas un homme bedonnant franchouillard avec une moustache qui sent le fromage (oh la belle image), mais une espèce d'arbre quasi sacrée aux yeux des créoles! Un arbre protecteur. Un arbre résistant. Un arbre imposant. Les éléments porteurs des charpentes des maisons traditionnelles sont tous en bois de fromager, afin de garantir la longévité de la maison, c'est-à-dire le bonheur et la sécurité de la famille.

A la fin de notre excursion, le retour en bateau nous a offert un moment magique supplémentaire avec un magnifique coucher de soleil sur une mer d'huile accompagné d'une légere brise chaude... J'aime bien ce qu'on ressent dans ce genre de moment...

A notre arrivée nous avons rejoint Paul, notre acolyte irlandais, à Cayenne. En bon irlandais d'ailleurs, il nous amené à la découverte des bars brésiliens de la capitale... Je préfère vous passer les détails et laisser les images parler d'elles-même. Le résultat n'a pas été facile à vivre, jugez en vous-même... 

Ceci dit, cela nous a pas empêché de repartir le lendemain en marche le long du littoral cayennais. Et quelle joie encore de découvrir des plages désertes ensoleillées à la sortie de la forêt sombre, des plages de sables, des plages de roches, des plages de vase, de pouvoir se rafraichir dans une eau à 28°C (difficile à croire mais 28°C, ici, c'est rafraîchissant!), de se laisser porter par les rouleaux et de s'échouer pour la sièste... La nuit difficile est vite oubliée et tout le monde respire à nouveau la joie de vivre!



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Publié à 11:20, le 6/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Araignée du soir...
Publié dans La Guyane

Bon et bien suite à la demande pressante de certains, voici la star du moment! J'ai nommé la mygale du soir! Vous noterez qu'elle a le bout des pattes oranges, c'est un trait caractéristique de cette espèce de mygale commune des habitations guyanaises. Ce beau spécimen (un peu plus petit que ma main) n'a malheureusement pas pu être pris dans ma chambre comme j'aurais aimé mais sur le mur externe de mon bureau. Au soleil, tranquille. Sachez tout de même que ce ne sont pas des ennemis, elles bouffent les blattes! Alors s'il y a un choix à faire, lequel feriez vous ? La mygale qui vit dans le toit disrètement ou les grosses blattes qui courent partout sous les meubles...



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Publié à 09:02, le 30/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


De la forêt et des arbres!
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Aller, revoici qques nouvelles! ces derniers jours ont été plutôt bien remplis! Je ne dis pas que le boulot a été insurmontable mais il y a également eu les dernières (grosses) soirées rhumatisées avec le FTH (ils sont repartis pour Montpellier), les balades et les siestes en sueur, tout ça ça compte!

Bon coté boulot, voilà plusieurs jours que je suis en phase "repérage". En pratique, ça veut dire que je me promène dans la forêt avec mon maître de stage et des techniciens, à la recherche de sites intéressants pour la suite de mon étude. En fait, je cherche à définir l'autoécologie de certaines espèces associées aux bas-fonds, c'est-à-dire que j'essaie d'expliquer par des éléments environnementaux assez fins (nature du sol, accès à l'eau,...) la présence de certaines espèces dans des zones géographiques bien cantonnées, ici les bas-fonds. L'idée est de quantifier les associations espèces-milieu. Quand je dis bas-fond, comprenez évidemment boue, flotte marron, marécage, moustiques, moustiques, moustiques... Les promenades de "repérage" consistent donc à patauger en bottes dans de la bouillasse pendant des heures avec du barda sur le dos, sous 35°C, à se débattre avec la végétation luxuriante pour se frayer un chemin ,tout en évitant les araignées et les racines croche-pied, et en essayant de repérer les espèces qui nous intéressent parmi la multitude de choses qu'on rencontre (600 espèces à l'ha contre 4-5 en métropole, rien que ça!). Les sites intéressants, dont vous avez un magnifique exemple ci-contre, sont ceux où nos espèces d'études sont suffisamment abondantes pour avoir des relevés "statistiquables". Vous avez compris ? Pas franchement, c'est pas grave. Tout ça pour dire que la recherche, c'est de l'intellect mais aussi du physique! Et je ne veux pas entendre "ça sert à rien ce que tu fais"!

Après ces moments difficiles, où l'on perd plusieurs litres d'eau à l'heure plusieurs jours durant, le WE est bienvenu! Et quoi de plus bon que d'aller randonner en forêt? On s'est attaqué au mont Mahury sur l'île de Cayenne. Je ne vous cache pas que l'on a croisé des arbres (pas tous vivants) et des marais! C'est peut-être difficile à croire mais on en tire des impressions à chaque fois différentes et personellement je ne m'en lasse décidemment pas!

De retour sur le campus à Kourou, on fête le départ des étudiants ENGREF qui vont reprendre les cours à Montpellier. Une soirée en pleine air, digne des grandes soirées Lavallette avec ses choppes multiples, ses grillades à 3h du mat', ses chorées alcoolisées endiablées entraînées par le zouk torride des Africains (merci Marcel et vive la côte d'Ivoire), les chants barbares irlandais (merci Paul), le rock plus qu'acrobatique de la Pologne (merci Jan, ESB t'as du boulot...)  et l'attitude fêtarde guysée montpelliéraine (merci à la barbe très moche de Féfé), et la FIF (décidement ceux là on se sent obligé de les rajouter partout sous prétexte qu'il y a de la forêt partout, mais on les aime bien au village, hein Hélène ?). Bref! ce départ bien triste finalement, s'est traduit par une gueule de bois (encore les arbres!) et surtout par un calme soudain trop calme sous les cocotiers kourousiens... Mais on se reverra c'est sûr! C'est qd même cool la césure!

Aller deux dernières photos pour montrer à maman que je vais bien, que mon hamac me supporte et qu'il fait beau en Guyane :



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Publié à 11:19, le 29/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Gangs of Kourou
Publié dans La Guyane

Drôle de semaine mes amis, drôle de semaine... Après notre retour des îles du Salut, on fait une mini pause à Kourou, le temps de remplir nos jerricanes de 20l d'eau et de mettre nos chaussures de marche, puis on reprend tous le mini bus de hippies que nous confie l'ENGREF et direction l'Ouest guyanais, St-Laurent du Maroni, à la frontière du Suriname. Bref, 3h de route de nuit, sur une route défoncée,  avec des phares douteux... merci à Hélène notre chauffeur (ou chauffeuse?) officielle pour avoir été la seule à ne pas s'endormir! La semaine commence donc par une nuit peu reposante en hamac-moustiquaire dans un carbet au Bois-Diable...

Le lendemain nous partons avec un Agro de la chambre d'agriculture de Guyane, à la découverte de l'agriculture des Bushinengés, une population aux racines africaines qui s'est installée de part et d'autre du fleuve Maroni lors épisodes de marronage pendant l'esclavage. Les Bushinengés, ou Noirs marrons, cultivent en abattis brûlis dans la forêt. C'est l'occasion pour moi et mes camarades apprentis-agros (voire forestiers également) de lever les nombreuses suspicions que nous avions tous sur la durabilité d'un tel système de production. Une technique par le feu a priori violente mais terriblement adaptée à la Nature environnante et aux sociétés agricoles locales. Vous pouvez voir ci-contre un abbatis avec assolement en bananiers-manioc (quoique un peu sombre). Bien sûr cela marche pour l'agriculture vivrière. Le problème du développement d'une agriculture de rente reste aujourd'hui encore entièrement posé. Je ne vais pas m'étaler là dessus de peur d'emmerder les non-initiés, mais sachez seulement que les enjeux autour de l'agriculture sont grands en Guyane, aussi bien pour l'environnement que pour la souveraineté alimentaire. 

La semaine se poursuit à Kourou. Le boulot bat son plein, je termine actuellement de préparer ma phase terrain dont le lancement est prévu pour début octobre. Je fais de la carto, de la pédo, de la bota... je me forme pour devenir un véritable expert de terrain dans l'analyse des sols et des peuplements végétaux associés! On y croit! J'ai d'ailleurs passé une journée à l'Herbier de Cayenne pour des identifications botaniques et j'ai pu rencontré des gens vraiment passionés, thésards ou retraités, qui m'ont un peu appris à distinguer les espèces à partir des feuilles et des fruits (pas facile du tout!). Des gens qui font plaisir!

La semaine est donc intense intellectuellement, mais à coté de ça les nuits sont courtes : soirées avec les étudiants ENGREF du FTH, soirées resto, soirées discussions jusqu'à pas d'heure... et le rhum, Paul l'Irlandais vous le confirmera le problème c'est le rhum! (avec l'accent). Toute le monde, partout, tout le temps, même les plus sérieux... m'enfin on s'y fait, et on se marre bien! et puis c'est une semaine riche en émotions en tout genre. Dans ce registre je ne signalerai que la drôle d'impression que Féfé et moi avons ressenti un soir, en plein centre ville, quand un gars s'est fait shooté à même pas 50m de la terrasse où nous buvions tranquillement une bière locale. Les gens, habitués, ont déserté la place en un temps record dans un élan de panique et de cris, en courant et en emportant les gamins sous le bras. Un règlement de compte. Gangs of Kourou. Hé bé ça fais drôle! Suite à ça un mec se tourne et nous dit : " les pétards à Kourou ça n'existe pas" autremant dit c'est toujours du sérieux. Bienvenue en Guyane! America del Sur plus que France.

Pour me remettre de tout ça, je suis parti le lendemain avec les étudiants du FTH dans un havre de paix : les pripris de Yiyi. Ce sont des grands marais côtiers vers Sinnamary à 50 km de Kourou. Des marais qui sont soumis à l'influence des marées et qui recèlent une biodiversité végétale et animale bien typique du milieu lacustre guyanais. On a pris le temps de faire des observations ornitho, à la jumelle, allongés au sol pour être un minimum visible. Et là c'est magique! Pas un son à part celui des oiseaux qui vont et viennent, plongent, communiquent. Le ciel du soir et les eaux calmes permettent des reflets bleu violacée à faire pâlir un peintre. Attention, je dis les eaux calmes, mais on y trouve très facilement des caïmans qui ont faim, et qui attendent sagment la tombée du jour pour être actifs...

...Et puis ça y est, le soleil est bas, c'est l'heure de la volée, les troubles fêtes finissent par arriver et attaquent en masse! Tout ce qui bouge! Ils ne sont pas compliqués, ils aiment tout! Du moment qu'il y a de la chair qui dépasse des vêtements pour les tenter! Et encore, ça ne les arrête pas! Alors pas de quartiers! On s'est tous fait bouffé... par les moustiques (ah les bigres, ah les salauds!). Ils ont gagné mais je reviendrai! Plus fort! et en pantalon surtout!



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Publié à 08:04, le 16/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Sus aux îles du Salut!
Publié dans La Guyane

Les pirates étaient des gens heureux. Des gens libres qui savaient apprécier leur liberté. Des gens qui aimaient les belles (et les bonnes) choses. Des gens qui, malgré la vie dure sous le pavillon noir, connaissaient le paradis au quotidien. En toute simplicité. En toute modestie. Mais pleinement. Oui, on peut les envier et je les envie. Vous allez comprendre pourquoi. 

Ce week-end, nous sommes partis pour une expédition digne de la plus grande des pirateries! Tout d'abord, qui dit pirate, dit bateau et océan. C'est donc sur un catamaran nommé la Hulotte que nous avons quittés Kourou. A bord, un équipage de mercenaires venus des quatres coins du monde : Féfé le castor junior, Hélène le coq du navire, Marion Bigoud la malade en mer, PJ le tout juste bon à brosser le pont, Kiki, et bien sûr, moi, capitaine, porteur de toutes les responsabilités, haut-chef des décisions, génie des vents et des écumes. Oui. Je vous présente ci-contre deux tire-au-flan Marion et PJ (2 FIF comme par hasard) en train de se la couler douce pendant les manoeuvres, un scandale qui leur a presque valu d'être jetés aux requins! (ah, si je n'avais été si clément...)

Qui dit pirate, dit également une destination de pirate. Nous avons donc fait cap droit à l'est en sortant du chenal portuaire, direction les îles du Salut et l'île du Diable, à 2h de mer. Tout au long de la traversée, les eaux limoneuses de la côte guyanaises perdent progressivement leur couleur marron pour devenir limpides et turquoises. La houle se casse sur la coque en gîte pour venir lécher le pont de son écume mousseuse blanche (qui rappelle la bière) et à l'odeur fortement iodée. Le vent chaud souffle, le soleil brille, les chants se font entendre, le sentiment de liberté et d'aventure explose, AAAH! l'archipel approche! Le paradis est là. On s'arrête au mouillage, on accoste à la nage ou en canot. C'est beau. C'est calme.

Une fois à terre, notre objectif est de rejoindre les vestiges du bagne au fin fond de la forêt. Un lieu où des gens sont morts en masse, certains pour leurs actes, d'autres pour leurs idées. Jusque dans les années 60. Un cadre de rêve pour un véritable enfer. Le bruit des chaînes et des ordres face aux chants des oiseaux tropicaux. Les requins et les courants rendaient toute tentative d'évasion impossible. La seule solution était l'aide extérieure, une expédition comme la notre, un débarquement discret, une attaque efficace, rapide, poignards et coups de canons... mais il n'en fut rien. Seule Dame Nature a réussi à reprendre ses droits en ce lieu, à éventer les murs et à briser les grilles. Image hautement symbolique et très esthétique aussi. A vous de juger!

  Après un moment de découverte aussi édifiant de notre histoire, souvent ignorée de la plupart, il était temps pour notre équipage de se changer les idées. Direction la plage, pour préparer le camp de nuit, tendre les hamacs, et prendre un rhum à la coco! Que voulez vous, on est pirate ou on l'est pas!

Inutile de préciser qu'on se sentait tous bien dans un cadre pareil! Et que l'ouverture de la coco à coup de machette ne posait plus de problème à personne (quoique...). Ni le brulage du bois de palmier. La nuit en hamac fut bonne (hum malgré les rats et les chutes de cocos), bercée par les rouleaux de l'océan, le tintillement des lucioles, la douceur tropicale et l'absence de moustiques. Le réveil le lendemain tôt fut plutôt plaisant! Rempli d'un sentiment de plénitude partagé par tous. Ah ça fait du bien! 

Le WE nous a donc bien rempli la tête de souvenirs  à la Robinson Crusoé, Barbe Bleue ou Koh Lanta (pour ceux qui n'ont vmt pas de références)

Bref! Un grand moment !

En attendant la suite!

Et un petit coucher de soleil de Féfé !

 



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Publié à 10:01, le 9/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Mes premiers pas dans la jungle...
Publié dans La Guyane

Il faut quand même que je vous fasse part des impressions que l'on a ici quand on marche dans la forêt! Ce week-end je suis parti avec Hélène, une stagiaire FIF-ENGREF vraiment cool, et Féfé un stagiaire SupAgro vraiment cool aussi, faire une ballade vraiment cool dans la réserve naturelle du grand Matoury sur le sentier de la Mirande, près de Cayenne (un big up à Yannick). 

Imaginez vous d'abord dans votre salle de bain, vous venez de prendre un bain bouillant, il y a de la vapeur d'eau partout et vous avez très chaud, vous suintez, vous ne souhaitez plus qu'une seule chose c'est de pouvoir vous rouler dans la neige comme chez les Nordiques (un témoignage Rémi?) ... Vous visualisez ? Et bien c'est la même sensation ici quand vous êtes à l'arrêt dans le sous-bois. Trempé avant même d'avoir fait un pas. Explication simple : il fait au delà de 30°C même à l'ombre des arbres et l'air est près d'être saturé en eau.  Pas un climat pour les vieux.

C'est donc éprouvant et on est poisseux en permanence... Cela dit, cet état liquide devient vite une sensation agréable, on se sent respirer, plus de prise de tête à la con du type "ah non, trop horrible, je vais avoir des auréoles, vite mon déo, les mecs qui transpirent je déteste ça, parle à ma main!", et non! les pores de la peau sont grand ouverts et s'expriment pleinement!  (pour les amateurs de propreté, il faut qd même changer de chemise assez régulièrement du coup...)

Ensuite, une fois habitué au microclimat forestier, il y a plusieurs choses qui frappent les sens. La couleur d'abord, ou plutôt les couleurs, car ici la gamme des verts semble être infinie! la densité végétale (ci-dessus un exemple de chemin), il y a des plantes partout! Et de toutes sortes! Une véritable cathédrale construite par Dame Nature! Et puis la taille de  certains arbres aussi, leur diamètre, leurs contreforts...je précise : Hélène (sur la photo) n'est pas Lilliputienne, elle est juste à coté d'un monstros (appartenant à une espèce qu'elle n'a d'ailleurs pas su identifier, bravo l'ENGREF), et enfin les sons des oiseaux, des primates, des insectes (j'en ai repéré un qui fait un son de scie circulaire très strident, on a parfois l'impression d'être dans la scierie du Vigan pour ceux qui connaissent) et les senteurs dignes d'un vendeur d'encens et de pots-pourris... On en a pleins les yeux, plein les oreilles, plein le nez et... 

Bref, on se prend vite pour Indiana Jones! Surtout quand on commence à penser à tous ces mythes qu'il y a autour de la forêt amazonienne! L'appel de l'aventure! ...Ceci dit on est vite calmé par les moustiques (décidément ceux-là...), et on fais pas trop le malin au début histoire d'éviter de marcher sur un serpent où une mygale qui se trouverait ici ou là pour sa promenade dominicale... ce serait dommage... 

C'est donc avec l'euphorie de la découverte que la ballade se poursuit et se termine dans la sueur. Heureusement qu'il y a des petits points rafraichissements en chemin et à l'arrivée...la plage de de Remire-Montjoly avec son océan marron à 28°C mais très agréable (je n'ai pas mis trop de temps à entrer dans l'eau cette fois...) . Vivement la prochaine!



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Publié à 12:35, le 2/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Le campus Agronomique de Kourou
Publié dans La Guyane

Me voilà arrivé en Guyane depuis presque une semaine, et déjà une grande question se pose à moi : pourquoi, mais pourquoi,  y a-t-il toujours sous ses latitudes tropicales cette fâcheuse tendance à mettre en exhibition toute cette biodiversité d'insectes à la con qui piquent, moustiques et compagnie, fourmis envahissantes et poux d'agouti, mygales et j'en passe ? Un effet de style? Un charme?... Pas de réponse évidemment pour l'instant, mais des boutons qui grattent ah ça oui, c'est facile! A croire que le sang des humains ici n'a pas une très grande valeur, tout le monde se sert allègrement sans rien demander (et ça paraît normal aux yeux de tous), et le pire dans tout ça c'est que j'ai l'impression que les stikmou créoles apprécient eux aussi les cocktails! Bref bienvenu en Amazonie!

Pour ceux qui se posent la question, Féfé va bien. Il a été très heureux de mon arrivée à Kourou! Vous pouvez d'ailleurs voir ici la manifestation toute euphorique de son état de joie! Entre nous, je dois vous signaler que je m'inquiète quelque peu pour sa santé mentale : il est tous les jours dans la forêt à triturrer du bois mort et à fouiller dans la pourriture, et sa seule motivation est le ti'punch qu'il avale cul-sec tous les soirs en rentrant... je vais m'occuper de lui.

Alalala, paraît que le rhum et le soleil des tropiques rendent fou... Plus pragmatiquement, je partage, avec Féfé et un chat borgne (et accessoirement aussi une squatteuse fifonne Hélène), une magnifique maison du campus, très bien exposée et très agréable.

Pour l'instant mon quotidien consiste à travailler en bureau sur le campus même, à faire des stats et des stats, à rédiger mon rapport de stage (grrrr) et à préparer ma phase terrain (chouette!). Voici le bâtiment où je bosse (le soir qd je sors) :  

Aller, pour les curieux, deux mots sur mon boulot : je suis donc en stage à l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement), et je travaille sur des thématiques d'écologie forestière. Frustré de la FIF? non pas franchement, amoureux de la nature plutôt. La nature c'est beau, c'est flowers, c'est rainbow, c'est peace and love (quoique les moustiques je sais pas où les classer)... En très gros, je dois donner des éléments permettant d'expliquer comment les arbres en forêt tropicale humide se répartissent dans l'espace et dans le temps. Cela revient à faire la part des choses entre les effets environnementaux (sol, luminosité, eau,...), càd les effets de niche pour les spécialistes, et les effets de hasard (dissémination des graines, mortalité,...), càd les déterminismes neutres pour les spécialistes. Mon terrain de jeu est constitué d'un bout de forêt primaire de plusieurs dizaines d'ha situé entre 50 et 70 km de Kourou, et d'une communauté de plus de 750 espèces arborescentes ! Facile. Et franchement, c'est très intéressant! Au passage je fais pas mal de botanique, j'apprends plein de trucs sur plein de trucs!

Vous l'aurez compris, je suis ravi d'être là, le cadre de vie est franchement sympa (quand les moustiques nous foutent la paix), et si on est un tant soit peu attentif on peut croiser des singes, des toucans, des paresseux, des varans... sur le campus même! Plutôt cool, non ? (Je vais éviter de parler de mygales pour les âmes sensible).

Et bien sûr, il y a des arbres gigantesques.

C'est vert.



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Publié à 11:41, le 1/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou