Un an d'été !

Carnet de voyage d'une césure par delà les mers et les océans !

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Noumea, Nouvelle Calédonie



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Lifou ou quoi ?

Vous savez, la mer appelle la mer. Une déclaration pompeuse annoncée comme ça, mais loin d'être dénuée de sens finalement. En tout cas, en ce qui me concerne, j'ai fait le constat suivant depuis que je suis ici : plus je vois la mer, plus je veux la voir, plus j'y nage, plus je veux y nager, plus j'y goûte, plus je veux y goûter... Oui, en somme, je crois avoir développé une forme d'addiction sévère à toute forme de mer, d'océan ou de lagon. J'ai une envie insatiable de mer!

Je dis ça, car voilà plus d'une semaine que je suis dans les montagnes et les forêts à compter des plantes et je commence à ressentir un certain manque d'eau salée... Aller, je m'accorde un petit plaisir, je vais revenir à mon escapade aux îles Loyauté (attention les yeux!).

Contextualisation : l'archipel des Loyautés comprend 4 îles principales, situées à environ 100 km à l'est de la Grande Terre. Historiquement, elles connaissent des épisodes de "colonisation" assez différentes du reste de la Nouvelle-Calédonie. Plus antérieures, plus diverses, plus profondes. On retrouve aussi bien des Mélanésiens, des Polynésiens, des Européens français ou anglais, des Canadiens,... Bref, contrairement à la Grande Terre, l'archipel a toujours été attrayant pour les voies commerciales, les baleiniers, les santaliers, les aventuriers de passage ou les pirates. Un beau métissage à la clé qui se retrouve encore fortement dans les cultures locales aujourd'hui (par exemple, certains prononcent les "r" à l'anglaise, d'autres sont blonds...) mais qui n'empêchent aucunement une unité forte des différentes tribus.

Les vacances d'Aurélie, la soeur de Juliette (2 semaines de vacances à la volée en Nouvelle-Calédonie, ah quel beau métier instituteur'!) ont été pour nous l'occasion de découvrir Lifou, la plus grande des 4 îles Loyautés. Et quelle découverte!

Une découverte à tous les niveaux encore une fois.  Que ce soit des falaises de Jokin, à la baie de Luengoni, en passant par Easo ou la plage de Peng, la baie de Jinek ou la baie de Chateaubriand, on a parcouru l'île de long en large et en travers, aussi bien en stop, à vélo, à pied ou en kayak : la beauté de l'île rivalise largement avec celle de l'île des Pins! Un grand bravo au concepteur de tout ça, c'est très réussi!

Cependant, je retiendrai deux choses plus particulièrement de nos aventures à Lifou... Euh, réflexion faite, peut-être trois en fait.

La première, la plus légère, c'est la roussette. C'est une petite chauve-souris endémique à la Nouvelle-Calédonie et ses dépendances (et malheureusement menacée), assez "mignonne", avec sa tête écrasée, ses dents qui dépassent, ses poils marron-noir et ses ailes en caoutchouc, vous imaginez bien. Mais elle a l'avantage de constituer un plat traditionnel de grande valeur gustative! On comprend maintenant mieux pourquoi elle est menacée... La chair est faible comme on dit. Bref, en mettant nos idéaux écolo momentanément de coté, on a eu la chance avec Ju de goûter à un plat de roussette très bien cuisiné, et c'était en effet très très bon! (attention Ju en rafole désormais, et j'ai bien peur qu'elle soit capable d'en éteindre l'espèce...)

La deuxième chose qui m'a beaucoup marqué, c'est les grottes. Oui, les grottes. Lifou étant une île corallienne (donc calcaire) qui s'est surélevée avec la Nouvelle Calédonie il y a quelques milliers ou millions d'années, de nombreuses cavités se sont creusées grâce à l'érosion. Un peu comme les formations karstiques dans le sud de la France. Il y a donc "sous" Lifou, des réseaux entiers de longs couloirs, de cavités gigantesques, de lacs souterrains aux eaux douces miroitantes. Une sorte de reprocduction du gruyère parisien façon naturelle (ça c'est pour mes amis citadins). Seulement pour y accéder, il faut connaître car les entrées sont souvent cachées par des banians et autres arbres magnifiques des forêts tropicales...  Ces grottes sont donc dans un état de préservation unique!

Finalement ce qui m'a beaucoup plu dans tout ça, c'est surtout que je ne m'attendais pas à crapahuter entre des stalagtites et des stalagmites dans des galeries obscures hautes d'à peine un mètre en venant à Lifou. C'est pas vraiment l'idée que l'on a des îles océaniennes du Sud Pacifique... Pourtant elles ont leur appartenance culturelle ici! Que l'on peut être naïf avec nos images de cartes postales en tête! On se leurre finalement. Pour la petite histoire : la grotte de Luengoni que nous avons visitée a été remarquée par de nombreux spéléologues comme étant une des grottes les plus belles au monde. Nicolas Hulot y a tourné une émission d'Ushaïa, c'est dire!

Et ce qui a été particulièrement chouette, c'est la plongée dans ces lacs souterrains! Du PMT sous terre, qui l'eut crû ? Alors ça, ç'a été un moment très fort! Equipés de nos lampes torches sous-marines (car il fait noir complet là-dedans), notre visibilité était réduite à notre faisceau de lumière. Et notre regard s'y aggrippait littéralement! Car je ne vous dis pas à quel point l'imagination peut s'évader dans ce genre de moment. Les histoires de Jules Verne paraissent brusquement être  scientifiquement réelles, croyez-moi! L'obscurité ambiante, la froideur de l'eau, les reflets miroitants sur les roches, les jeux d'ombre sous l'eau, cette sensation d'être à la fois prisonnier avec nos 15 cm d'air entre la surface et le plafond et puis celle de voler avec nos 15 m de turquoise-noir en dessous, le cliquetis de l'eau qui filtre, la résonnance de nos bruits, les échos, la perspectives de ces petites galeries, de ces brèches, de ces couloirs, on a l'impression que tout peut surgir de ces fonds, n'importe quoi, gros, moche, visqueux, translucide, on a l'impression que la grotte peut nous manger, nous engouffrer dans les profondeurs... Une belle montée d'adrénaline, une beauté sombre incroyable, du stress et du bonheur! J'ai été ravi!

Et puis enfin, la dernière chose profondément marquante, c'est la gentillesse et l'hospitalité des gens de Lifou. Tout simplement un exemple pour les sociétés du monde entier. Notre séjour sur l'île a été marqué par des rencontres, que ce soit en stop, en tribu ou en ville. Des rencontres humaines. Partout les gens étaient disposés à raconter quelquechose, à rigoler, à nous aider, à nous conseiller, à nous offrir une bière. Un aspect qui rajoute au tableau une brillance qui le rend tout bonnement exceptionnel!

Allez y et vous comprendrez!

 

 

 



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Publié à 03:18, le 16/05/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Un Guy un vrai!

Voilà. Avant de vous raconter un petit peu mon tour de l'île et mon excursion dans l'archipel des Loyautés, je tenais absolument à vous parler d'un personnage désormais important dans ma vie calédonienne : Guy!

En fait Guy est bien plus qu'un simple personnage, il est une légende. Et c'est d'ailleurs pour ça que seule une photo prise en noir et blanc, intemporelle, lui sied convenablement.

Guy est un marin depuis toujours. Un vieux loup de mer. Le genre de gars sexagénère qui ne peut pas se passer de naviguer tous les jours sur son vieux voilier à 2 mâts de 40 ans qui a fait le tour du monde, qui a vu tous les océans, qui a subi tous les vents, et qui a pris toutes les houles de face, de coté et de travers. 

Mais Guy, dit également capitaine Guy (en slip), a besoin d'un équipage pour sortir son bateau. Un équipage motivé, un équipage digne du navire, vous comprendrez pourquoi dans la suite, un équipage de rude épreuve, c'est-à-dire nous! Autant vous dire que sa rencontre a été une véritable haubaine pour qui aime la mer comme moi!  

Guy nous a déjà emmenés en mer plusieurs fois. Des fois le temps d'une journée, d'autres fois le temps d'un week-end prolongé. Avec toujours ce souci de nous faire découvrir "ses" coins à lui du lagon sud calédonien, car le lagon il le connaît désormais comme sa poche. Des coins d'une pure merveille à chaque fois : des récifs poissoneux perdus dans les eaux aux multiples turquoises, de la passe agitée pour sortir du lagon vers le grand océan et les rouleaux jusqu'aux calmes îlots isolés de sable blanc. En bref, des endroits que nous n'aurions jamais découvert par nous même mais qui m'auront marqués à vie par leur beauté. De vrais tableaux.

A chacun de nos mouillages dans le lagon, il y avait un pur spot de plongée. Rencontre avec des requins, des raies gigantesques, des tortues de mer, des nuages de poissons multicolores, des buildings de corails, une mer d'une clareté unique...De quoi en profiter un max en snorkelling et d'en prendre plein les yeux! 

Mais il y avait également des purs spots de pêche! Guy nous a initié à la chasse sous marine. Les petits poissons tout ça c'est joli, mais ça va une minute! Il faut aussi songer à manger un jour! Lance harpon en main, il fallait donc rapporter le repas de midi sans se faire happer au passage par un requinou! Le flip! Moins dangereux, mais non moins sportif, nous avons également fait de la pêche à la dérive et à la traîne. Encore une découverte pour moi! Les cannes s'en souviendront, les pauvres... Mais malgré toutes les difficultés techniques de ces pratiques, il s'en dégage un certain plaisir à attendre qu'un poisson morde, pour ensuite le remonter brutalement et l'achever parfois à coup de molette comme ce malheureux thazard! (merci Félix pour cette démonstration de CRS, beau résultat). Un plaisir violent, purement animal, mais tout sauf gratuit car c'est pour manger! Et Chacha a su nous préparer des sashimi de poissons crus et des courts-bouillons digne de nos efforts! Miam.

Mais il y a évidemment une contre partie à tout ça. A bord, l'équipage est aux ordres du capitaine. Et c'est normal, je ferai la même chose sur mon navire. Pas question pour Guy de tenir le moindre bout ou de préparer le repas. A chacun son rôle. Les gars hissent les voiles, remontent l'ancre et surveillent les lignes de pêche, tandis que les nanas tiennent la barre, préparent les salades, vident les poissons et s'occupent des glaçons. Guy, lui, pendant ce temps là surveille de (très) près la bouteille de Whisky. Tiens, voilà un critère de plus dans son choix d'équipage : la capacité à tenir des apéros longs comme les sorties, à base de vins, de whisky (son préféré), de bières, calvados, et j'en passe. Un vieux loup de mer je vous dis. De quoi faire de bonnes siestes au soleil derrière... Comme dirait Juju : "Ah on est pas mal là!"

Et il fallait également affronter les grandes théories de Guy sur les conflits mondiaux, sur l'économie capitaliste, sur la pensée écologique, sur le jeune d'aujourd'hui. Mais là dessus personne n'a été mauvais : nous avons tenu tête jusqu'au bout lorsque le capitaine nous a affirmé, par provoc' j'en suis sûr, que la poubelle en mer n'était pas une pollution, que les ouvriers étaient tous des fainéants, que l'expression  "bonnes femmes" étaient un antipléonasme, que les chèvres aidaient le militaires à se soulager, etc. Ah sacré Guy! Un vrai Guy.

Bref, ces sorties en mer sont un plaisir immense à chaque fois. Le bercement du roulis la nuit, le son du vent dans le bastingage, le clapot des vagues sur la quille, les grosses jites par grand largue, les paysages marins, les couchers de soleil... Une manière unique de découvrir la typicité du lagon calédonien! J'ai pu apprendre énormément de choses grâce à l'envie de partage de ce monsieur, que ce soit sur la pêche, sur la biologie des poissons, leurs comportements, sur les oiseaux, sur le jeu des vents et la conduite d'un voilier, sur la mer en général. et ce n'est pas fini!

Aller, merci Guy! Et à bientôt pour une prochaine sortie  et pour un thazard grillé!

 

 



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Publié à 02:40, le 27/04/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


la suite svp!

C'est marrant comme à un certain stade du voyage il devient sacrément difficile de raconter ses expériences. On accumule trop de choses, trop d'impressions. Non pas qu'on sature ou qu'on a perde l'envie de partager avec ceux qui sont loin, mais on ne sait plus par où continuer ses récits. Et la flemme finit par gagner devant cette difficulté... Allez motivation! Voici quelques éléments de suite, avec du retard et de l'anachronisme.

Et bien la suite, famille, amis et autres éventuellement, s'est traduit par des épisodes communément qualifiés, aussi bien dans le Pacifique Sud que sur le vieux continent, d'épisodes de loose complète... Oh oui! Je sens d'ici que je vais faire terriblement plaisir à certains huluberlus illuminés de Paris... oui! Il n'arrête pas de pleuvoir en Nouvelle-Calédonie, le soleil a tout bonnement fui! Et loin vraisemblablement! ah le salaud! ah le fumier!

Mais je vous rassure tout de suite, cher lectorat, vous n'avez pas à faire ici à ce qu'on appelle des flipettes (ou des sucres en langage plus correcte). Le sale temps ne nous a pas empêchés d'emprunter le 4*4 Isuzu d'avant guerre de SIRAS pour aller découvrir les recoins les plus reculés de la Grande Terre! Vous aurez donc tout de même des aventures à suivre. Ouf!

Je peux notamment commencer par un certains WE, où notre chère compagnie, pleine d'espoir, a décidé de faire un tour sur la pointe Sud de l'île, du coté de Prony. Un road trip comme on dit! Chouette comme idée, non ?

Oui mais voilà. On dit que le soleil qui cogne dur, ou que le rhum rend fou, n'est-ce pas ? C'est vrai que Juliette se met à raconter des histoires loufoques dès qu'il fait beau, mais croyez moi, vous êtes bien loin d'imaginer l'effet de la pluie battante ininterrompue sur l'état psychologique de mes amis (j'allai dire de mes patients...)

Un syndrôme de tribalisme, ou qqch de similaire. Il faut avouer qu'on a vécu des moments mentalement rudes : imaginez vous 5 min dans une forêt humide, avec de la bonne viande crue dans votre sac que vous pensiez innocemment cuire pour vous régaler mais qu'autour de vous, vous ne trouviez que du bois détrempé pour faire du feu! Vous voyez l'enjeu ? Vous comprenez les circonstances atténuantes dans lesqelles mes camarades ont du vivre ce WE là ? Se battre contre l'eau qui tombe à chaque moment de la journée...pour manger!!! Inutile de préciser que la viande une fois cuite grâce à une idée lumineuse de ma Juju, n'a pas fait long feu ce soir là, voyez vous même le résultat ci-contre...

Je vous passe ensuite la terrible nuit que nous avons ensuite passé en compagnie d'un rat plutôt assez curieux (il m'a gratouillé le pied). Mais pas petit le rat, gros! Pour preuve : même Chacha sans ses lunettes l'a vu dans la pénombre, pour dire!

Ceci dit, la pointe sud de l'île et le village de Prony sont vraiment pleins pleins de charme. Coté végétation et paysage, on retrouve les forêts "préhistoriques" que j'ai déjà mentionnées dans un autre post à propos du parc de la Madelaine. J'adore! Des Araucaria en tout genre, des plantes carnivores (Drosera, Nepenthes), de la terre rouge, des coulées d'eau, des cascades... Finalement, la pluie et la brume a participé à la création d'une ambiance unique, tantôt mystérieuse, tantôt violente. Et traverser ces espces déserts, sauvages, avec notre véhicule qui faisait un bruit de casserole, traverser les radiers, monter les pentes boueueses, slalomer entre les rocailles, c'était ça l'aventure!

Aller, je vous laisse, je pars faire le tour de l'île! A dans 2 semaines!



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Publié à 02:23, le 13/04/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Mon boulot

Bon, je pense vous avoir suffisamment convaincu de la beauté de l'île, je vais maintenant vous parler de la dure réalité et de ce que je fais ici...

Pour vous mettre dans le bain, regardez bien les photos à droite et à gauche du texte et essayer d'imaginer une forêt dense avec des arbres de 15-20 m de haut, des orchidées, des plantes carnivores, des abeilles, des papillons de  toutes les couleurs, etc.

Vous n'y arrivez pas ? Allons un petit effort... Non, toujours pas ? Difficile. Vous ne voyez que cette terre rouge omniprésente, la latérite, dite aussi le sang de la Terre. Et bien, vous avez devant vous le résultat de l'exploitation minière à grande échelle largement répandue en Nouvelle-Calédonie. Rappelons que le nickel, c'est la richesse du Caillou. Alors  pourquoi le sang de la Terre tout de suite ? Non ce n'est pas qu'une image d'écolo pour du lobbying anti-industriels, c'est surtout parce que la latérite n'affleure que lorsque l'on entaille la végétation et lorsqu'il pleut sur de la latérite, l'eau ne pénètre pas dans le sous-sol, elle coule en surface à grand flots, emporte ce qui s'y trouve, et prend cette couleur rouge sang qui rend turbide les eaux pures du lagon en contrebas. La Terre saigne. Un vrai problème écologique.

Aller, je vous aide, voici à gauche la forêt que vous deviez imaginer. Aaah, oui, c'est mieux! Blague à part, je vous assure qu'on se sent comme sur un champ de bataille sur les terrains miniers, on a une tenue réglementaire digne d'un soldat, avec un casque, un treillis, des grosses chaussures, téléphone satellite et radio, on évolue dans un milieu ravagé, on voit passer des véhicules d'une taille hallucinante lancés à toute vitesse , on entend de temps en temps des tirs de mine qui arrachent des pans entiers de montagne, des sons de guerre qui résonnent dans la vallée, tout est maculé de rouge... On se sent des combattants d'une cause perdue en plein massacre à la tronçonneuse! C'est aussi ça qui est motivant finalement.

C'est dans ce contexte que j'effectue mon stage dans le bureau d'étude SIRAS-Pacifique, dont les principales missions sont la réhabilitation des sites miniers. Comprendre par là : revégétalisation! Replanter, recréer une peau à la Terre. Je travaille au pôle "Etude environnementale" sur le cas du massif de Tiébaghi exploité par la SLN (la plus grande entreprise minière du Pacifique, 3 ème productrice mondiale de nickel) qui se trouve sur la pointe nord de l'île près de Koumac.

Plus particulièrement, je m'occupe de la protection de la biodiversité sur le massif. Car pour ne rien gâcher, la SLN a choisi d'exploiter une montagne où les taux d'endémisme et de micro endémisme sont très élévés. Certaines espèces ne vivent que là ! Il y en a que quelques pieds! J'ai donc à ma charge le suivi des zones de protection qui ont été créées à proximité de la mine en vue de sauvegarder ce que l'exploitation va détruire sur les concessions de la SLN, ainsi qu'une étude plus fine de l'influence de l'activité minière sur la santé des écosystèmes forestiers humides d'altitude du massif (cf. la photo que vous deviez imaginer).

La démarche sur laquelle je travaille en ce moment, c'est l'enrichissement des zones de protection avec des espèces dont la seule population connue au monde ne se trouve que sur les zones qui vont être déforestées et ratiboisées par la SLN. En pratique, cela implique pas mal de difficultés techniques souvent insoupçonées! Car les espèces en question ne se laissent pas faire et sont très mal connues sur le plan écologique. Or il faut récolter des graines (oui mais quand ? et les pieds fertiles ils sont où ?), les élever en pépinière pour en faire des plants (alors que certaines espèces mettent plus de 4 ans à germer et d'autres ne veulent apparemment pas germer du tout, sans compter les champignons qui les bouffent...), transplanter ces plants sur le site (oui, mais où ? à l'ombre ? dans l'eau ? ) et obtenir au final un taux de viabilité de plus de 85 %. En dessous de ce taux, l'effort de plantation n'est pas suffisant et l'espèce disparaît, car le lancement de l'exploitation ne va attendre. Une vrai course contre la montre qui ne rentre pas dans les règles de la nature. Au total, il ya près de 25 espèces dans ce cas pour le seul massif de  Tiébaghi.

Finalement, ça veut dire pas mal de terrain où je fais des inventaires floristiques, de la bota donc, de la carto et des SIG, des stats, de la médiation, de la conduite de 4*4 et de quad, des trajets Nouméa-Koumac (plus de 400 km) régulièrement,... un beau programme! La semaine prochaine, je pars avec Chacha (une autre Montpelliéraine, décidément) sur le massif pour des relevés : une semaine de camping en montagne à la recherche de petites plantes (8000 c'est pas mal) qui ont été plantées voilà dix ans, avec une question brûlante en tête, "ont-elles survécues ?", histoire à suivre donc ....



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Publié à 04:21, le 18/03/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Du bleu maintenant

Ne vous ai-je pas déjà fait mon laïus habituel sur le bonheur des pirates ? Il me semble que si n'est-ce pas, au moment de partir aux îles du Salut. Je vous épargnerai donc la description de ce même sentiment que j'ai ressenti ce WE. Je voulais vous dire par là que la mer nous a manqué, et que nous avions repris le bateau!

Ahaha mousaillons! Toute voile dehors, tout le monde à son poste, on quitte la marina! Euh, non, je n'étais pas capitaine du navire cette fois. Mais c'était tout comme, tellement j'étais euphorique! Alors accordez moi ce plaisir svp! Nous avons fait mer, tôt le matin, avec sacs, hamacs, PMT et VTT, vers l'île des pins, dite aussi l'île la plus proche du paradis!

Nous sommes partis à 5, mais deux d'entre nous ont malheureusement été éliminées au cours du périple dans de mystérieuses conditions... Comprenez par là, que ces deux équipiers de pacotille n'ont guère été apréciés et que nous avons été obligés de les jeter aux requins dès notre arrivée sur l'île. Quelle idée aussi de partager ses découvertes de jeunesses avec une soi-disant hippie de 40 piges bien tassées, vieille fille, qui veut pas faire du vélo et qui veut bien camper en pleine nature, mais seulement s'il y a une douche CHAUDE! Quand je vous disais que la piraterie avait du bon, c'est qu'on ne perd pas son temps avec ce genre de personnage, même à l'autre bout du monde! Cale sèche imposée!

De notre coté donc, Rémi, Juliette et moi, nous avions entrepris de faire le tour de l'île en VTT, c'est-à-dire d'affronter ses 600 m de dénivelés et son périmètre de plus de 100 km en 2 jours, sous le soleil d'été d'Océanie, avec tout notre matos sur le dos... Et bien quoi ? on se donne des défis sportifs voilà tout! Et puis, on s'est dit que de suer un bon coup était le meilleur moyen de profiter des multiples baies d'eau turquoises que l'on allait découvrir.  Et on n'a pas été deçu, vous pouvez me croire! 

Je ne sais pas trop d'ailleurs comment décrire la beauté des zones que nous avons traversées, ainsi que celle des plages et de la mer. L'île des pins n'a simplement pas volé son surnom d'île la plus proche du paradis. Alors peut-être que nos références d'urbains européens du 21ème siècles trompent notre jugement, mais je pense quand même pouvoir dire qu'il y a peu d'endroits sur cette planète qui puisse inspirer autant d'émerveillement. Tout y est magnifique, on ne regrette rien de ce que l'on voit, de ce que l'on perçoit, que ce soit la clareté de l'eau et ses subtilités turquoises, la finesse du sable blanc, les paysages sauvages et déserts, l'organisations des îlots coralliens dans le lagon et des couverts forestiers, tout! On est là et on kiffe!

A mi chemin, notre parcours nous mené à la baie d'Oro. Absolument magnifique! Le chemin ne menait pas jusqu'à la mer. Pour y accéder, nous avons du laisser nos vélos, puis continuer à pied dans une rivière de sable blanc complètement transparente. J'insiste mais je vous assure que ça fait bizarre de marcher dans une eau si pure. On y croit pas, on rêve.

Au bout de la rivière, on arrive directement dans une piscine naturelle qui communique avec l'océan par un unique petit chenal. De quoi faire des observations royales en PMT! Là, nous étions à nouveau sur un pur spot! Aaah! Nous y avons donc passé la nuit, en hamac, accroché sous des cocotiers qui de temps en temps laisse tomber quelques surprises, n'est ce pas Ju ? Après le flip de la coco qui tombe (situation que nous avons pris soin d'éviter), voici le flip de la palme de 2 m qui tombe en plein milieu de la nuit!

Les découvertes, les situations cocasses et les exploits sportifs s'enchainent à nouveau dès le lendemain! Pour ne pas être exhaustif, je citerai à titre d'exemple l'attaque de crabe dont Rémi a été victime. L'animal lui a choppé le pied et ne l'a lâché qu'une fois sang coulé! sacré poigne, le salaud! Et les requins alors ? Ils sentent une goutte de sang dans un millions de m3! Je continuerai avec notre traversée involontaire d'un hôtel 5 étoiles en maillot de bain à 6 h du mat' (mais qu'est ce qu'il foutait là çuis là aussi), l'attente de loose d'une hypothétique langouste grillée qui n'est jamais venue et du coup on a mangé du pain (cool), une montée en VTT en pleine forêt tropicale qui a failli nous arrêter le coeur à tous (et évidemment celui qui se fait avoir, c'est moi avec le gros sac), la découverte d'une plante dont la racine sent exactement comme dans les salles d'attente des cliniques, le bernard lhermitte sans coquille sur la langue de Rémi (çuis là aussi qu'est ce qui foutait là ?), les histoires de Juju qui a trop pris le soleil, bref, je vais m'arrêter là, la liste est longue car on s'est bien marré!

On a fini par reprendre le bateau, les jambes cassées, la figure cramée et avec un manque de sommeil avéré, mais avec la fierté d'avoir fini sur les vélos, avec des images inoubilables en tête et le sentiment d'avoir mis un pied au paradis. Bilan : à quand la prochaine ?

 



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Publié à 10:40, le 15/03/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Une terre rouge

Pfiouu! Encore une semaine bien chargée vient de passer... Une semaine faite d'aventures, de découvertes et de travail bien entendu. Une semaine qui passe aussi vite qu'une demi-journée!

Je suis parti sur le terrain à Tiébaghi dans le nord de l'île pendant 4 jours, accompagnée par Danielle, chargée de recherche et développement à SIRAS. Notre mission consistait à faire quelques récoltes de graines des espèces menacées du coin et surtout faire du repérage pour mon boulot, prendre des points GPS tout ça. Je remarque au passage que je n'ai toujours pas pris le temps de vous expliquer un peu ce que je fais, mais je crois que ce sera encore pour une prochaine fois... Quoiqu'il en soit, cette sortie ne fut pas de tout repos, car d'une part nous avons énormément marché dans des zones sans chemin et croyez moi, le maquis calédonien, il est dense et il est épineux ; d'autre part, le 4X4 en montagne, sur piste défoncée de latérite, quand il pleut des cordes, ça s'embourbe très vite! Et il fallait que ça nous arrive... le dernier jour! Avant de repartir, notre cher véhicule, polluant à souhait qui plus est, s'est complètement bloqué dans de la boue, comme un hypopotame, en pleine pente, au bord d'une falaise à pic, sous une pluie battante comme je les aime... En bref, scénario catastraphe comme dans les films américains : nous étions quand même à 140 km du premier village... Sans bouffe! Enfin, tout ça finit par rentrer dans l'ordre dès le lendemain grâce à notre téléphone satellite. Pas drôle.

De retour à Nouméa, je repars aussitôt rejoindre Juliette et Rémi, la team "fougère et boue" (je vous en reparlerai plus tard également), au lac de Yaté dans le Sud de l'île, pour leur filer un coup de main. Il faut dire que ça faisait déjà 2 jours, les pauvres, qu'ils étaient sous le soleil de plomb à cueillir des graines aussi! En ce moment, c'est le rush, il nous faut des graines à SIRAS! Alors, vous l'aurez compris, on renoue avec le passé de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs et on se ballade en peau de bête dans la nature des journées entières à la recherche de plantes en fruits. Sympa! Et puis c'est l'occasion pour moi de jouer à l'apprentis botaniste. Pas encore très convaincant, mais ça va venir!

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Et non! Vous imaginez bien que lorsque l'on met 3 stagiaires qui s'entendent bien ensemble, dans une voiture gratos, essence payée, en Nouvelle-Calédonie, la veille du WE, ils ont vite fait de tracer la route! Et c'est parti pour 2 jour de road trip dans le Sud!

On commence d'abord par traverser le parc des chutes de la Madelaine où se trouve une grande forêt d'Araucaria et de Gymnostemma, des genres végétaux tout droit issus de la préhistoire et de l'ancien continent du Gondwana. Incroyable! On se serait cru sur une planche de dessin qui représente le monde des dinosaures! Il manquait les Diplodocus et compagnie. J'étais tout fou! Un dépaysement temporel unique, qui n'est possible qu'ici! Et bien sûr, toute ballade appelle à son rafraîchissement! La baignade sous les cascades fut bien tonifiante!

On continue par la traversée de la chaine de montagne pour rejoindre le village de Yaté, situé au bord du lagon de la côte est. On y arrive de nuit (c'est moi qui conduisais! wahou sur de la route de montagne!). On cherche à planter notre tente, un petit peu en galère, mais des jeunes kanaks viennent nous voir pour nous dire gentiment : "vous êtes sur une terre tribale ici, si vous restez, des gens risquent de venir vous démolir la voiture", comprendre "et plus si affinité". Une réalité culturelle dont il faut tenir compte : le Calédonie s'appelle Kanaky dans le Nord et dans l'Est. Ce sont des terres coutumières qui appartiennent à des tribus, et des petits jeunes Zozo comme nous (c'est comme qu'on nous appelle) ne sont pas les bienvenus, à moins d'aller faire un rite de présentation auprès du chef de la tribu pour se faire accepter. C'est très particulier, ça entrave pas mal la libre circulation, mais c'est comme ça, on est chez eux! C'est donc peu rassuré (et s'ils étaient antropophages comme en Papouasie, hein?) qu'on s'éloigne du village pour passer la nuit au bord d'une plage déserte. Pas plus mal.

Le lendemain, on est levé à 5h, avec le soleil, et on s'est tracé vite vite vite (c'est encore moi qui conduisais). Ah l'aventure! Mais attention, n'allez pas imaginer qu'en dehors de Nouméa, la Calédonie est dangereuse et peuplée de sauvages sanguinaires qui ont faim, ou je sais pas quoi! Bien au contraire! La brousse est douce! C'est juste qu'il y a une manière de faire qu'il faut respecter et que nous ne connaissions pas bien encore.

Notre périple s'est achevé par un crochet au grand barrage de Yaté, aux abords de la forêt noyée, un paysage d'arbres morts dans une eau pure qui ressemble beaucoup à celui de Petit Saut en Guyane, où ,pareil, une forêt entière a été noyée par une retenue d'eau d'une usine hydroélectrique. C'est cruel par un certain coté, mais au niveau esthétique c'est plutôt classe! En plus, Rémi, stagiaire SIRAS qui vient de l'Agro de Montpellier comme moi (présentation faite, c'est aussi le soubiste de ma fanfare), nous a dégoté un trou d'eau absolument magnifique, avec une eau  fraiche, pure, poissoneuse, calme, entourée de falaises  grandioses, parcourues par de petites cascades! Aaaah la sse-cla! On se sentait tout petit petit, zen, détendu et en sortant de la baignade, on se sentait propre comme rarement et revitalisé! Très efficace ce genre d'endroit contre la dépression des aigris de service et les fêtards du samedi soir! Mais déconseillé pour les trolls (hein, F. c'est propre et il faut savoir nager). Enfin, on est rentré ereinté, mais bien content!

Allez, pour terminer ce long post, une photo mystère  de ce que l'on peut apercevoir dans le maquis. Ya vraiment plein de plantes étonnantes qui me plaisent bien, et après la pluie, les champignons poussent à vue d'oeil sur ce substrat ultra basique plein de nickel qu'on trouve ici. En voici un aperçu, avec son habitant. Comestible ? je m'y tenterais pas...



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Publié à 06:38, le 6/03/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Et un requin, un !

Et oui, je sais, les nouvelles se sont faites rares ces derniers temps, et pour cause! D'une part, de terribles pluies tropicales se sont abattues sur nos têtes. Il est tombé tellement d'eau en l'espace de quelques jours que les creeks (comprendre les rivières de montagne) et les routes se sont transformées en de véritables torrents! Pour ceux qui connaissent, imaginez un orage montpelliérain de septembre non stop! Alors les gens s'embourbent sur les pistes et restent coincés en montagne et basta! En ce qui nous concerne, nous avons préféré annuler nos missions terrain et passer un WE tranquille à ne rien faire dans notre somptueuse villa, avec piscine et home cinéma! C'est un moindre mal, et on ne s'est pas plaint non plus... La pluie était chaude, la piscine était chaude, l'air était chaud, tout était réuni pour un nouveau moment ushaïa nature, comme aux chutes du Fourgassié en Guyane!

Oui mais voilà! Entre temps, nous avons décidé, dans un souci d'exotisme, de nous faire piquer par le moustique local Aedes aegypti, plus connu ici sous le nom de "p*** de moustique de m***" car il transmet la dengue. Dengue que nous avons expérimentée donc, Ju comme moi, pendant 10 jours, pour le plus grand bonheur de tous! Après le palu à Madagascar, on pourrait croire que je les collectionne ces maladies moustico-tropicales! Je vous passe évidemment les détails de cette période à oublier, où nous avons eu fièvre sur fièvre, douleurs articulaires et musculaires, des kilos en moins, quarantaine imposée par la marie de Nouméa, bref!

On s'en est finalement remis, et aussitôt à nouveau sur pieds, aussitôt à nouveau dans l'eau! Ce WE, on est parti en bateau sur l'îlot Larégnère au large de Nouméa (voir ci-contre), pour fêter l'anniv' de Marc, ce médecin complètement déjanté que l'on a rencontré plus tôt à Poé.

Larégnère. Un petit îlot paradisiaque, de sable blanc brûlant, entouré d'une eau pure, chaude, poissoneuse, corallienne. Le genre d'endroit où on se sent tout fou, tout plein d'énergie pour faire plein de choses! En tout cas,  cadre sympa pour venir faire la fête!

En attendant l'apéro prévu au coucher du soleil sur la plage principale de l'îlot, le programme était sportif comme d'habitude! Pour certains, les 20 noeuds des alizés ont été un argument suffisant pour sortir leur aile de kyte et faire des sauts au dessus du lagon. Pour nous, le soleil plombant et la clareté hallucinante de l'eau l'ont emporté! On a chaussé nos PMT et on est parti se balader dans le petit lagon sous le vent de l'îlot pendant des heures, à slalomer entre les patates de corail, à pister les poissons-anges, les poissons-perroquets, les poissons-cochets, les poissons-clown, les poissons-flûte, les loches, les bossus, les bernards-lhermittes, à skotcher devant les étoiles de mer géantes, à fouiller les coins et les recoins, à chercher LE truc nouveau! Bref de la nage, de la nage, de la nage! EuSBe, on s'entraîne comme on peut pour le TTC!

Le lendemain de la soirée (et quelle soirée mes amis), où l'on s'est tous retrouvé sur la plage avec nos bières, nos barbeuc' et nos glaciaires, entourés d'un matos digne d'une boîte de nuit et d'un DJ qui aimait le bon gros son (il ya quand même eu la phase hippie djembé-guitare-trompette où j'ai pu lancer un pinnochio qui a fait trembler les poissons), on a eu la chance d'embarquer à nouveau sur le bateau de Gwen et Baptiste, pour rejoindre la grande barrière de corail (celle qui entoure la Nouvelle-Calédonie) et en particulier la passe de Dumbéa. Une passe est un endroit où il y a une rupture dans la barrière : du platier coralien qui atteint au max 7-8 m de profondeur, on arrive de l'autre coté de la barrière sur ce que l'on appelle un tombant qui atteint brusquement plus de 100 m de profondeur. La passe est donc un endroit très particulier où les deux milieux sont mis en continuité.

Autant vous dire que c'est carrément le truc le plus grandiose que j'ai jamais vu de ma vie! J'en suis revenu tout hagard! L'eau turquoise cotoie l'eau bleu foncé. Les coraux et les petits poissons colorés cotoient les grands poissons pélagiques comme les requins (citron, marteau, bouldogue, tigre,...), les dauphins ou les raies-mantas. Je ne m'étalerai pas ici sur la question du requin, oh combien polémique sur l'île, mais je vous dirai seulement ma joie d'avoir vu un requin pointe blanche (peu aggressif) dans son milieu naturel et de n'avoir pas vu comme d'autres un requin blanc... Quand on nage dans un univers pareil, où le regard se projette facilement à 50 m à la ronde sous l'eau et où l'on aperçoit, dans le calme le plus reposant qui soit, de tels animaux, je vous assure que c'est tout simplement de l'émerveillement à l'état pur! Je suis d'ailleurs désolé de ne pas pouvoir joindre qques images à mon récit sous-marin. Pour vous dire l'extase du moment : même Juliette n'a pas eu peur des requins! A la visite se sont ensuite ajouté tortues, raies-aigles et un magnifique spécimen de langouste-porcelaine d'au moins 1,50 m de long! Une sortie en mer réussie! Un seul point à améliorer : augmenter mon apnée pour les prochaines fois!

Aller, pour se quitter, un coucher de soleil néo-calédonien qui laisse songeur...



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Publié à 02:58, le 23/02/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Pure spot

Gwen et Baptiste, les deux jeunots qui vont bientôt se marier et qui nous ont prêté leur appart' à Nouméa durant ces 15 derniers jours, nous ont gentillement conviés à un week-end avec leurs potes sur la plage de Poé, west coast près de Bourail, à peu près au milieu de Grande Terre.

Pour continuer votre initiation aux termes techniques calédoniens, je vous dirai que Poé est un pur spot! Alors que faut-il comprendre ? Et bien c'est simple. Comprenez donc : une grande plage de sable blanc de 17 km de long (avec des petits bouts de coraux de temps en temps qui font super mal aux pieds quand tu cours parce que t'es content), une eau sublime, transparente, lumineuse, chatoyante, et tout ce que vous voudrez d'ailleurs, car c'est l'eau de vos rêves (en tout cas des miens, ça c'est sûr!),  du vent qui souffle entre 20 et 30 noeuds, des collines désertes et un grand soleil qui chauffe... voire qui crame. Voilà ce qu'est un pur spot! Et croyez moi, l'expression prend tout son sens quand les vôtres vous font réaliser où vous êtes!

Vous l'aurez compris, dans la notion de "pur spot", il y a une notion de nature évidente, d'une (très) belle nature d'ailleurs, mais aussi d'une nature indomptée qui joue avec la force des éléments. A cela vient s'ajouter une notion de défi sportif : hors de question d'attribuer le haut titre de "pur spot" à un lieu où n'importe qui peut venir faire n'importe quoi! Non, bien sûr. Un pur spot ça se mérite, il faut en suer un minimum, il faut en revenir avec des courbatures et des coups de soleil, il faut avoir bu la tasse au moins une fois, slalomé entre les méduses, s'être rapé sur les coraux, se faire réveiller par des pétrels, et j'en passe! Et à Poé, tout est là! 

Nous étions une petite trentaine de potes de potes de potes au rendez-vous. Au programme : kite surf, planche à voile, PMT, rando, barbecue, camping sauvage en pleine nature, fiesta, musique et chansons à tue tête jsuqu'à pas d'heure, et le lendemain 7h, on recommence!

Nos randonnées nous ont menés en haut des falaises, le long du littoral, révélant à chaque fois de nouvelles baies (baie des Tortues, baie des Amoureux,...), plus ou moins protégées, plus ou moins accessibles (certaines par des grottes à marée basse, d'autres par la forêt,...). Ju et moi avons même pu découvrir notre baie à nous, elle ne portait pas de nom, alors nous l'avons modestement appelée la baie du KJ (voir ci-contre).

Nos plongées nous ont, comme les autres fois, menés dans un paradis sous marin que je ne décris plus car je le trouve de plus en plus beau et je ne trouve plus les mots pour ne pas me répéter. Je vous passe également cette sensation incroyable de relever la tête, d'enlever le masque et de se retrouver au beau milieu d'une piscine naturelle, aux milles dégradés de turquoises, à plus de 300 m de la plage, entouré de poissons multicolores.

Bref, ce week-end a été une très bonne occasion pour faire des rencontres bien sympas, et parfois insolites (je pense à un certain Marc, 40 ans, médecin, compètement barré, avec qui j'ai pris l'apéro ricard à l'ombre d'un cocotier) et pour découvrir un nouveau bout du Caillou! Vous avez remarqué le pur style de surfer ? Important pour les purs spots. On est des pros, voilà tout.

 



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Publié à 06:47, le 5/02/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Un petit coin de paradis

Après 2 semaines passées à parcourir Nouméa à pied dans tous les sens possibles et imaginables, à faire des allers et retours, à monter et descendre ses collines sous un soleil de plomb, on a décidé ce week-end d'aller se rafraîchir!

On a donc pris le bateau pour 22km de mer en direction du phare Amédée, un des nombreux îlots du lagon sud, classé en réserve marine.

Le temps n'a pas été au top tout de suite (on est quand même en saison des pluies ici...) mais le soleil a fini par reprendre rapidement ses droits (faut pas déconner non plus). Quand le soleil est sorti des nuages, l'eau du lagon s'est subitement éclairée, révélant une pureté et une transparence hallucinante comme j'en ai rarement vue (peut-être à Port-Cros/Porquerolles ou à Djerba). Les contrastes de bleus, de jaunes, de verts, de marrons se sont aiguisés, mettant au grand jour de véritables mosaïques colorées qui s'étendent jusqu'à la barrière de corail. Au fond le grand océan Pacifique encadre le tableau. C'est tout simplement paradisiaque!

Le tour de l'îlot est somme toute assez rapide. En à peine 15 min, on a parcouru l'ensemble de ses plages de sable corallien. Cela nous a pourtant suffit pour rencontrer un des habitats emblématiques des îlots : le tricot rayé. Je dis emblématique car une marque de T-shirt locale l'a pris comme symbole. C'est un petit serpent marin, très peureux et très peu aggressif, mais auquel il faut tout de même faire gaffe, surtout dans l'eau, car sa morsure est plus dangereuse que celle d'un cobra! Alors pas question de jouer avec, sous peine de connaître un mauvais quart d'heure! Mais après ce que l'on a vu en forêt guyanaise, je peux vous assurer que cette bestiole nous a parue être ce qu'on peut communément appeler "un petit joueur"...

La véritable dimension du phare Amédée, on l'a trouvée sous l'eau. L'exploration du lagon en PMT (terme technique qui fait bien pour dire palmes, masque, tuba, on peut également utiliser l'expression très hype "faire du snorkelling") s'est révélée complètement incroyable! Je n'ai jamais vu, ni imaginé chose pareille! La diversité de la forêt amazonienne avec ses interactions multiples et ce coté hyperdimensionnel de la nature qui m'a tant impressioné en Guyane,  je les retrouve ici mais de manière beaucoup plus visuelle. On a une diversité de couleurs, de formes, de comportements chez les coraux, les algues et les poissons qui laisserait plus d'un prof de bio bouche bée! Un seul poisson peut cumuler facilement une dizaine de couleurs et de reflets vifs à lui tout seul!

Quand on nage, on a l'impression de passer au dessus d'une ville. En fait on ne nage plus, on vole! Les coraux forment de véritables immeubles à plusieurs étages, en forme de tours, de dômes, de patates. Les poissons y entrent par un endroit et en ressortent par un autre. Ils se balladent, se cachent, nous foncent dessus. C'est une ville très animé! Il y a des aggressions. On peut reconnaître les habitants de sable plutôt jaune/marron, les habitants des herbiers aux reflets verts, fins et allongés comme les algues, les habitants des récifs, multicolores, rayés, tachetés, arrondis ou en forme de flûtes. Ya les grochons tout seuls dans leur caillou, les petits fluos en bande, ya ceux qui glandent, qui stagnent et prennent le soleil, ceux qui speedent partout on sait pas pourquoi, ceux qui bouffent tout le temps...C'est absolument captivant! On a même pu voir un groupe de tortues nager et brouter autour de nous! Juliette s'est crue dans le monde de Némo! Et le tout est à 5 min de nage de la plage...Mais dire que cet écosystème dépérit année après année...  

Après la nage dans une eau qui n'est pas si chaude que ça  (26°C, vous rigolez mais je mets du temps à y entrer... rien à voir avec les 30°C de l'océan guyanais), il était nécessaire de faire le plein d'énergie au buffet tropical à volonté de l'îlot! Au menu, crevettes et thon jaune grillés, moules vertes, rôti de boeuf (calédonien!), riz coco, taboulé marin, salade tahitienne, le tout accompagné d'une abondance de fruits trop bons... Ah! ya pas que moi qui était content!



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Publié à 01:19, le 25/01/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Le grand écart

Enfin! L'aventure et la découverte sont à nouveau au rendez-vous! Les récits d'outre-mer peuvent reprendre, accompagné de leurs odeurs d'épices, de leurs paysages aux couleurs exotiques, de leurs rencontres improbables et de leurs rêveries de liberté, de rhum et de trésor! Voici le début d'un nouveau chapitre des contes et légendes de Karim le pirate et de sa charmante associée Juliette par delà les océans! Moussaillons, bienvenue à bord!

Après un (très) court séjour en France, où nous avons bien profité de la bonne bouffe, de la famille et des copains, nous avons vite repris les airs par dessus les mers. Cap vers la Nouvelle-Calédonie!

Le voyage a été long, voire très très très long. On arrive aux antipodes de l'Europe au bout de 33h de voyage et trois escales(Franckfort, Singapour, Sydney). De -10°C à Paris et Francfort, on se retrouve sous 38°C à Sydney et Nouméa... Avec 10h de décalage horaire positif... Et 20 000 km plus loin dans l'hémisphère sud... Déphasage complet... Choc thermique... Fatigue et maux de tête... Blasage même... C'est l'ivresse des airs peut-être... Mais le survol du lagon calédonien en attérissant sur Grande Terre nous enlève aussitôt toute trace de déprime, car c'est une pure merveille! Un ouvrage de la Nature avec des couleurs si franches et des dégradés si subtils que l'on a du mal à s'imaginer au dessus d'une surface réelle, physique, c'est du très grand art, surtout quand on sais en plus tout ce qui vit là-dedans et à quel point c'est fragile! Le grand récif corralien de Calédonie, c'est la deuxième plus grande barrière de corail du monde et elle renferme LE plus grand lagon du monde! Rien que ça! Vivement son classement définitif au patrimoine mondial! 

La Nouvelle-Calédonie semble être un condensé concentré de Nature. Entre le lagon d'eau pure, les montagnes désertes, les grandes plaines où les chevaux, les cerfs et les bovins vivent en complète liberté, les forêts tropicales humides et ses 90 % d'endémisme, les maquis miniers dignes de ceux que l'on retrouve en Méditerranée, ... Il y en a pour tous les goûts : les marcheurs, les baigneurs, les surfers, les cow-boys... Je sens que de nombreuses expéditions nous attendent, et il est temps de ressortir l'outillage qui nous a tant servi en Guyane! Hamac, jumelles,... et sens aux aguets!

Nouméa fait pourtant figure à part. Construite sur 7 collines (comme Rome), à l'extrémité d'une presqu'île, c'est la seule grande ville du territoire. Elle concentre plus d'un tiers des habitants calédoniens. Il y a donc beaucoup de monde à Nouméa. Tout se passe à Nouméa. Le niveau de vie y est très élevé. Saviez que la Calédonie est le pays le plus riche de l'Océanie (devant l'Australie et la Nouvelle-Zélande) ? Les gens se déplacent en 4*4 et pick-up pour acheter leur pain. Autant vous dire que nous autres avec nos pieds et nos sacs, on passe pour des clodos. Et d'ailleurs on nous reconnaît facilement grâce à ça : " Ah, vous vous êtes des zoreilles (comprendre des Français)"

L'histoire a été moins drôle pourtrouverun appart' adapté à nos salaires de stagiaires en environnement... Mais on a su se débrouiller tans bien que mal, et pour l'instant, on nous prète un F2 à 2 min de l'Anse Vata (merci à Gwen et Baptiste), la plus grande plage de Nouméa et aussi un des quartiers les plus hype!

La mer fait donc partie de notre quotidien. On se baigne le midi, à la pause déjeuner (c'est plutôt sympa quand il fait plus de 35°C) et le soir avant le coucher du soleil. Les poissons tropicaux ne demandentqu'à faire connaissance!

Le stage commence doucement, je vous raconterai plus tard ce que je fais, mais pour l'instant sachez que l'ambiance est plutôt méga détendue dans le bureau d'étude, la moyenne d'âge des ingénieurs et chercheurs avoisinnent les 30 ans, ils sont tous très sympa et pas trop stressé (encore moins que dans le recherche publique, c'est possible ? en Calédonie oui.), les bureaux sont installés dans une villa entre le salon et la cuisine, ...

Ah, il y a comme un petit air de vacances qui passe par là! Et on le vit bien!



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Publié à 09:50, le 23/01/2009 dans La Nouvelle Calédonie,


Drôles de bestioles...
Publié dans La Guyane

Le réveil à Wayki à 7h du mat' fut un peu rude, car la nuit fut courte. La veille, on a absolument tenu à rester le plus longtemps possible pour connaître les résultats de l'élection de miss Lotus et pour pouvoir la suivre après avec tout le village jusqu'au fleuve où elle est censé jeter les pétales de lotus à l'eau (ça porte bonheur pour l'année à venir paraît-il)... Mais à 2h du mat', le concours était loin d'être fini, on est donc reparti bredouille, fatigué et terriblement deçu vous pouvez me croire. Tant pis!

Le petit-déj improvisé au bord de la crique Gabriel, en compagnie du grand NutNut (tout droit venu d'Australie messieurs) nous a remis sur pied vite fait bien fait (comprendre Nutella pour les non initiés, je suis obligé de coder malheureusment car le seul nom de "Nutella" rend Juliette complètement folle et hystérique...). Et pour cause! De la marche nous attend. Aller, direction la montagne Favard!

Au bout d'une petite heure de piste tortueuse, on arrive à destination, on se gare comme on peut dans cette végétation envahissante et on s'enfonce dans la forêt profonde... 

La montagne Favard, la montagne de Kaw et la montagne Trésor constitue le massif montagneux le plus arrosé de Guyane. Il y tombe en moyenne 6m d'eau par an. Imaginez un peu ce que ça représente, plus de 10 fois ce qu'il pleut à Paris! C'est pour dire! Mais jour de chance, et saison sèche oblige, on eu le droit à un ciel bien bleu avec quelques moutons blancs et un grand soleil. On commence à s'y habituer n'empêche...

La rando est crevante, car je me répète, mais on se le répète ici aussi, il fait chaud! Et là ça monte! Pffff. On ne compte plus les bouteilles d'eau qu'on avale ni même les litres que l'on sue... J'ose même pas imaginé à quoi aurrait ressembler le T-Shirt de EuSBe en haut de la cote... Mais on a su garder l'oeil grand ouvert et on est tombé sur quelques merveilles de la Nature.

Oui, ça y est MC! Tu as ta grenouille multicolore prise en mode super macro de mon appareil photo! (quel talent, j'en suis fier). Une véritable Dendrobates trinctorius! C'est vrai que c'est beau. Mais leur peau a la facheuse tendance d'être recouverte de batrachotoxine qui est un alcaloïde très très très toxique pour l'Homme. C'est simple : les Créoles la considère comme potentiellement mortelle et les Amérindiens en induisent leurs flèches. Alors bon, euh voilà.

La marche nous conduit à la Réserve Naturelle des Marais de Kaw. Un guide en pirogue nous y attend, nous allons partir avec lui à la découverte de la Rivière de Kaw et des savanes inondées qui l'entoure. Une immersion complète dans un sanctuaire naturel, où l'écosystème des marais s'enrichit chaque année par l'installation de nouvelles espèces. Un beau message d'espoir pour tous ceux qui veulent faire de la protection, car lorque les bonnes mesures sont prises, ça marche! Et très bien!

Bref! J'ai adoré! Soleil couchant magnifique sur le marais, avec des dégradés de couleurs surréalistes dans la paysage, ambiance vraiment sympa sur la pirogue (je pense notamment à un forestier du Sud-Ouest assez Sud-Ouest justement), l'observation des animaux était passionante car le guide en connaissait un bon rayon et puis c'est quand même quelquechose de voir tout ce monde évoluer chez eux, oui ça m'a ému sincèrement!

Après un bon apéro sur les marais, avec planteur et Ti'Punch offert, on poursuit les observations la nuit, à la rencontre des cabiaïs, les plus gros rongeurs du monde (de la taille d'une chèvre) et des caïmans de plusieurs mètres de long... Tout simplement super! J'adore la Nature!!!! Plus tard, je voudrais être hippie! ok.

On débarque vers 23h au dégrad de Kaw, la tête pleines de souvenirs uniques! On prend la voiture pour rentrer, encore sous l'émerveillement de tout ce qu'on a pu voir dans cette ambiance nocturne (qui rajoute bcp de poésie à la chose). La piste est toujours aussi tortueuse qu'à l'aller, il fait noir, il n'y a aucune lumière à part celle de nos phares, à droite la forêt, à gauche la forêt... Et pour clore le chapitre, on tombe nez-à-nez avec un puma, majestueux, gigantesque, élancé qui traverse la route d'un pas de galop! Le paroxysme de l'émerveillement est atteint! Juste pour vous signaler, d'après les spécialiste de l'ONCFS, le puma est peut-être l'animal le plus discret de la forêt guyanaise (plus discret encore que le jaguar) et de fait le plus rare à l'observation. Certains scientifiques du campus de Kourou le suivent depuis 20 ans sans jamais l'avoir vu... Sur ce, je n'ai plus rien à dire, bonne nuit!



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Publié à 09:25, le 21/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


L'aventure continue!
Publié dans La Guyane

Et oui Messieurs, Dames! L'aventure continue! Après une semaine de stats et de modélisation acharnée, il est temps de reprendre un peu la route pour profiter un max de la saison sèche! Nous sommes partis à quatre pour le WE dans l'est guyanais, direction les réserves naturelles de Montagne Trésor et des marais de Kaw-Roura. A bord du véhicule, Daniel, un ingénieur allemand qui travaille au centre spatial à Kourou et accessoirement grand buveur de bière et bout-en-train phénoménal, Lucile, Juliette et moi-même. Autant le dire de suite, c'est un groupe qui envoie de la bonne humeur! Le voyage se déroule sans encombre majeure, mis à part quelques bleux au niveau des fessiers pour Juliette et moi, car nous avons fait voyage dans le coffre de la Kangoo comme des hippies! 

Premier arrêt, Roura. Un charmant petit village amérindien, très très paisible, au bord du fleuve Mahury et de l'Oyak. Bon, il ne faut pas se mentir, il n'y a pas grand chose à voir à Roura. C'est vraiment tout petit! Mais l'église, typique de l'architecture guyanaise, vaut bien le détour. "Elle me rappelle Kill Bill" me chuchote Juliette... Et c'est vrai qu'on retrouve une atmosphère proche de celle du film : pas un chat ds les rues, pas un bruit si ce n'est celui du vent et du bout de carton qui virvolte et qui vient taper contre les tôles des maisons, un soleil de plomb qui cogne... On pourrait aussi se croire dans un Western, bref tout une ambiance! Après notre brève visite, on prend le temps de manger au bord du fleuve, de boire 1L d'eau chacun (car il fait vraiment très très chaud), de faire le plein de crème solaire pour les blondinets, d'observer quelques caciques rouges en train de chahuter dans un manguier (d'ailleurs c'est la saison des mangues, c'est génial!), et on repart sans plus s'attarder!

On continue direction Dacca, un hameau laotien pas loin, encore plus petit! Mais là-bas, des canoës nous attendent, car nous allons remonter la crique Gabriel. Oui, en  Guyane, il faut savoir être polyvalent au niveau des moyens de transport pour se déplacer! Car il n'y a qu'une seule route le long du littoral, donc c'est assez limité pour parcourir le territoire. Mais c'est ce qui préserve une des plus belles forêts du monde d'un océan de bitume, alors on est content, hein? Et puis le canoë, c'est cool, non ?

En tout cas, nous, ça nous a plu! On a pagayé pendant 3h sous les 35°C locaux, certes, mais c'est une autre manière de découvrir l'écosystème forestier. D'ailleurs, on découvre une tout autre forêt puisque celle-ci est inondée toute l'année et n'est accessible que par la voie d'eau. on rencontre les fameux moutouchi marécage et leurs racines tortueuses, les éternels moucou-moucou, les champs de pneumatophores, etc. Coté faune, il y a bcp d'oiseaux, certainement des piranhas, petits caïmans, anacondas et j'en passe... On en a pas rencontré. C'est peut-être la raison pour laquelle Lucile a osé se baigner... Mais je peux vous assurer, surtout à vous chers SO et EuSBe, que de se laisser glisser en canoë dans le sens du courant, à écouter le doux bruissement des feuilles et de l'eau légèrement ponctué par les champs des oiseaux et des grenouilles, c'est très bucolique! Ah!

Mais ce n'est pas fini, plus loin, des cascades nous attendent : les chutes du Fourgassié. On est en fin de saison sèche, le réseau de sauts de la crique n'est donc pas à plein débit (voire plutôt en étiage, pour les hydro), mais le site n'en est pas moins charmant. Il en émane une atmosphère très ushuaïa nature même. Chacun a eu le droit à ses douches à thèmes : tonifiante, relaxante, massante...Bref,  un kit rafraîchissant complet, sympa!

On finit enfin par arriver à notre destination finale, le village Wayki, où nous allons passer la nuit. Et ça tombe bien, car ce soir c'est la fête du lotus, fête traditionnelle hmong. Au programme: musique, danses traditionnelles, bouffes laotiennes et... Ja selbstverständlich, Daniel, 's gibt auch Bier, ein Fest ohne Bier ist doch gar kein Fest! Encore une belle occasion pour nous de nous éclater en découvrant une autre culture! Et au niveau culturel, il y avait de quoi faire : on cotoyait des Créoles, des Bushinengués, des Hmong, des Chinois, des Français, un Allemand (oui Daniel)... Il n'y a vraiment qu'aux soirées de "grandes occasions" que tout ce beau monde arrive à se mélanger. La seule fois que j'ai vu un tel melting pote de populations en Guyane c'était aux Transamazoniennes à St-Laurent, sinon, au quotidien c'est tellement rare! La fête serait-elle une union possible pour les peuples? Dans ce cas, qu'est-ce qu'on attend ? Aller, envoie du son DJ et grosse teuf sur la planète (rahh le carnage...) ... C'était le minute humaniste. Ah mais quelle soirée mes amis, très guy...

... élection de miss Lotus! Très guy, je vous dis.

Bon aller, trève de blablabla, on doit aller se coucher nous, car demain matin tôt d'autres aventures nous attendent, bonne nuit, Gute Nacht!



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Publié à 01:31, le 14/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Expédition Sinnamary
Publié dans La Guyane

Aller, cette fois-ci je vais vous parler un peu de ce que je fais pendant mes semaines de boulot. Comme je vous l'ai déjà rapidement expliqué il y a un moment maintenant, mon étude porte sur la dispersion spatiale des espèces d'arbres en forêt tropicale humide. Il s'agit en fait de comprendre les mécanismes écologiques qui détermine la présence ou l'absence d'une espèce donnée en un lieu donné.

Pour mener à bien mes analyses, je dispose de deux jeux de données :

1) un inventaire botanique spatialisé complet, réalisé par mon maître de stage il y a quelques années, de toutes les espèces d'arbres rencontrées sur une zone de plusieurs dizaines d'hectares. Cela représente environ 20 000 arbres et 750 espèces. Concrètement, c'est la-dessus que je planche avec mes statistiques spatiales et mes modélisations pour en sortir des associations quantifiées de type espèce-milieu et des modèles de structure  et de dynamique de peuplements. L'idée globale est de faire la part des choses entre le fait qu'une espèce peut se trouver en un lieu donné car les conditions environnmentales lui sont favorables, et le fait qu'elle puisse se trouver sur ce même lieu simplement par hasard, parce qu'une graine est arrivée ici et a germé et voilà. C'est peut-être lourd à lire mais c'est passionant, croyez-moi, c'est pour ça que j'en parle! 

2) puis un inventaire botanique plus modeste mais plus fin où l'on se focalise sur des espèces inféodées aux zones humides et marécageuses et où l'on intégre des variables de milieu comme des descripteurs pédologiques, des indices d'hydromorphie et de luminosité. Cet inventaire, c'est à moi de le réaliser. Pour ce faire, je me rends régulièrement en pleine forêt accompagné de techniciens sur des sites que j'ai choisi pour leur intérêt et leur pertinence.

C'est donc dans cette optique que je suis parti la semaine dernière sur le fleuve Sinnamary avec Jean-Louis et Michel, deux techniciens IRD, et Lucile pour faire des relevés en ripisylve. Près de deux heures de pirogue  à pleine vitesse avec le capitaine Michel pour rejoindre la forêt profonde et ses trésors naturels que l'on s'apprêtait à analyser! Une véritable expédition scientifique avec tout le barda (matériel terrain, nouriture et eau pour 1 semaine, machettes, hamacs,...). Et oui! Comme vous pouvez difficilement le voir ci-contre on avait des fusils! Au cas où comme ils disent...

L'ambiance sur le terrain fut vraiment très bonne. Les gars étaient hyper efficaces dans le boulot et leur expérience de la forêt m'a aidé plus d'une fois! Et puis le travail dans la forêt et dans la bonne humeur générale, c'est que du bonheur! On rencontre des bestioles bizarres de toutes les tailles (dernière nouveauté le crabe des marais, surprenant), des belles araignées, des serpents,...et des plantes, toutes plus tordues les unes que les autres. Et puis ya toujours ce coté aventure vraiment sympa! 

De retour au camp, le soir, après l'effort le réconfort. Une bonne journée dans la sueur ne peut pas se terminer sans un bon apéro (Ti'Punch obligatoire) et une bonne bouffe. Et pour ça, vous pouvez compter sur capitaine Michel qui nous comblé avec ses plats créoles au feu de bois allègrement accompagnés de nombreuses anecdotes de ses missions en forêt avec l'IRD et d'éclats de rire! Ah on s'est bien marré! Et puis, au risque de me répéter je le redit : qu'est-ce qu'on se sent vivre dans ce bouillon de vie! Il s'en dégage une sorte de sentiment d'être dans le vrai, de retrouver quelquechose, je sais pas trop mais c'est fort! Même si on se sent petit petit petit... Il faut dire que lorsque l'on prend sa douche dans un cadre comme ci-dessous, on ne peut qu'être ému, non ?

Aujourd'hui, ma phase terrain touche à sa fin. Il me reste peut-être encore une semaine d'échantillonage le long du fleuve ou dans un marais ailleurs et puis c'est fini! Place à l'analyse, la rédaction et la soutenance avant de partir... Qu'est-ce que ça passe vite!

Je vous présente quand même mon espèce de prédilection ci-contre, Eperua Rubiginosa :

 

Et pour finir, quelques amies :



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Publié à 09:50, le 6/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Les Transamazoniennes
Publié dans La Guyane

Je préfère éviter toute de suite le moindre malentendu quant aux Transamazoniennes. Que l'on se comprenne bien, cela n'a rien à voir avec les créatures que l'on rencontre aux Arceaux à Montpellier à partir de 20h! Les Transamazoniennes en Guyane, c'est LE gros festival international de reggae du plateau des Guyanes. Les cultures de l'est amazonien y sont à l'honneur : on retrouve aussi bien de la bouffe traditionnelle, des expos photos, de l'artisanat et des groupes de musique provenant du Suriname, du Guyana, du Brésil, de la Guyane et des Grandes Antilles. De loin ça a l'air super classs, non ?

On s'est dit la même chose. On s'est motivé un samedi matin tôt (il était 14h? ah, ok.) et on est parti à cinq pour 4h de route direction St-Laurent du Maroni, LA ville rasta de la Guyane. Au passage je vous présente la fine équipe ci-contre : Lucile, VCAT IRD qui bosse avec moi (une Montpelliéraine, promo 05! c'est fun.), Thomas, garde nature à l'ONCFS venu tout droit du Mercantour pour lutter contre le braconnage en Guyane, Amandine, marseillaise et colloc' de Lucile, Juju que je ne vous présente plus et moi-même. Je ne connais plus le nom de la fillette sur la photo mais elle était marrante.

Bref, revenons sur le dit-festival. C'était nul. La tête d'affiche : Gregory Isaacs. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un grand nom du reggae jamaïcain. Mais vieux. Trop vieux. Sans voix. Et plein de caprices de star à la con. Un Johnny des îles en somme. Son backing band était bien plus intéressant que lui même. Qu'est-ce qu'il m'a fait chié celui-là! Quant aux autres groupes, on a eu le droit à du dancehall parfois marrant mais très souvent très lourd, ou à des chants créoles à l'eau de rose sans parfum... Si, quand même, un chanteur très charismatique de Mauritanie (saviez vous que la Mauritanie se trouve en Amazonie?) a remonté le niveau le temps d'un set éclair...

Mais notre WE ne fut pas raté pour autant. A St-Laurent, on logeait chez le cousin d'Amandine qui avait le bon goût d'avoir une piscine, ma foi très agréable sous les 30° matinaux. Oui, très agréable.

Et puis, on en a profité pour faire un tour à Javouhey, un village Hmong (peuple du Laos réfugié en Guyane) très intéressant pour son marché et ses boui-boui où on peut manger asiatique.

Et puis on s'est arrêté à la crique Morpio, dont la couleur nous a fait pensé à du Coca-Cola. A consommer très frais!

Et puis on a eu notre moment Brigitte Bardot aussi! On a sauvé un paresseux qui essayait de traverser la RN1. Vu l'allure à laquelle il avançait, il se serait fait écrasé par une voiture (qui elles avancent à 130 Km/h) à coup sûr! C'est d'ailleurs un vrai problème pour les paresseux cette route... 

Un vrai moment émotion où on s'est pris le temps de qques minutes pour les sauveurs de la planète!

En tout cas, c'est vraiment marrant ces bêtes-là...



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Publié à 01:11, le 5/11/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Gentil croco
Publié dans La Guyane

Je vous avais  dit que j'y retournerai! Plus fort! Cette fois-ci, c'est avec Juju que je me suis attaqué aux Pripri de Yiyi! En canoë. Et en forme. Car on est pas là pour déconner!  On est bien décidé à atteindre notre objectif ce matin : voir un caïman! Et ce n'est pas les marais avec ses  herbes folles et ses moustiques qui nous arrêteront! Héhéhé!

Mais l'observation de la faune sauvage dans son milieu naturel n'est pas chose facile. C'est même tout un art! Avec ses subtilités, son feeling et ses techniques. Rien à voir avec ce genre d'expérience de consommation que l'on peut aujourd'hui faire dans les zoos où les animaux dépriment tellement qu'ils ne se cachent même plus... Ici, il faut se donner la peine de se plier aux règles du jeu  et accepter éventuellement de perdre et de renter bredouille (ou avec un bras en moins)... Le résultat n'en est que plus satisfaisant, croyez moi!

C'est donc avec les sages conseils d'un guide d'éco-tourisme fort sympa de la Maison de la Nature de Sinammary que nous nous sommes lancés sur les eaux sombres et calmes des Pripri... Les consignes sont  simples : silence, silence, silence, si "plouf" pas loin, aussitôt dégainer ses jumelles pour repérer l'endroit où l'eau a été troublée, un caïman a certainement du plonger en nous entendant arriver, il ne tardera alors pas à montrer ses yeux rouges à la surface... Ou alors c'est un anaconda...Je ne vous cache pas qu'on est de suite dans l'ambiance... Mais un peu de stress ça fait pas de mal!

On pagaye, on pagaye...C'est calme, très calme.  On profite évidemment du magnifique tableau de bleus et de verts qui s'offre à nous. On fait aussi attention aux oiseaux car il y a de tout dans ces marais : hérons, martin-pêcheurs, rapaces, charognards... Une nouvelle passion pour l'ornitho ? Pourquoi pas. En tout cas, y a un aspect que j'aime bien là dedans!

Au bout d'une petite heure de pagayage (je vous rassure, j'avais aussi une pagaie en main...), on arrive enfin dans l'habitat favori de notre cible... On est aux aguêts... Mais silence... Du vent, des insectes, des oiseaux, des nénuphars, des moucous-moucous, des herbes flottantes. Mais rien ne bouge à la surface de l'eau. Si, des poissons bizarres qui "nagent" en dehors de l'eau me signale Juju... Ok, je vous passe les détails...

Et puis, on commence à se détendre ("plouf"), on discute de choses et d'autres ("plouf"), on rigole, on se débat avec les herbes ("plouf") qui s'accrochent à nos pagaies ("plouf"), on est pas d'accord sur nos manoeuvres ("plouf"), "quand on veut aller à droite, c'est à toi ("plouf") de pagayer!", "ah bon! ("plouf"), ok! mais non ("plouf") c'est à toi!"...("plouf")... et on réalise enfin : "t'as pas entendu un plouf là ?" ("plouf") "Si!"... On est entouré de petits caïmans qui se jettent à l'eau avant même qu'on ne les aperçoivent! C'est frustrant mais pas trop rassurant! On sent bien que ça bouge dans la végétation qui nous entourent, on nous guette!

On finit enfin par en surprendre un qui ne nous a pas repéré. Un caïman à lunette. Un bel animal d'1m-1m50 à même pas 1m de la coque! C'est pas très gros mais c'est déjà gros pour ces petits marais paraît-il... Mais c'est surtout bien gros pour une première observation! Et de si près! On aurait quand même pu passer à coté sans s'en rendre compte si on avait pas été attentif, car son dos ressemblait vraiment à du bois mort flottant à la surface de l'eau (confirmation camarade nécromasse Féfé?).

Malheureusement le scratch de la housse de mon appareil photo l'a surpris. Il a fait un bond surprenant (j'en ai laché l'appareil photo pour chopper la pagaie en guise d'arme!), et il a disparu dans un remou d'eau en temps record en tapant la coque par dessous et en laissant une eau trop calme derrière lui. Et en nous laissant Juju et moi dans un drôle d'état de frayeur! "Il est où?!"... Héééé bé. Une grosse montée d'adrénaline qui vaut bien tous les Space Mountains du monde! Qu'est-ce que c'est rapide ces bestioles là, c'est incroyable! Il ne nous laisserait certainement aucune chance en cas d'attaque dans l'eau, ça c'est clair! Mais il n'y a aucun risque de se faire bouffer par un croco en Guyane n'est-ce pas ?

Bizarrement, on a fait demi-tour. Mais on était ravi de notre aventure! Et surtout on est désormais prêt pour d'autres caïmans, plus gros et de nuit, lors d'une de nos prochaines expéditions aux marais de Kaw!

(Aga aga! Alala, qu'est-ce qu'on se marre!)



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Publié à 11:42, le 22/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Brazil, Brazil
Publié dans La Guyane

L'aventure continue! Après notre belle nuit à la belle, on est content de retrouver notre voiture entière dans le layon forestier où nous l'avons laissée la veille. Il faut dire que tout au long de la route de l'est (la seule de Guyane, la fameuse RN1, la route la plus mortelle de France), il y a plein de cadavres de caisses volées carbonisées sur le bas coté, et donc malgré sa belle planque dans les buissons, on avait un peu peur pour notre ptite C1... C'est vrai qu'une fois Cayenne dépassée, on n'est plus trop dans un département français, mais plutôt dans un brouillon de France comme on "l'aime" : la route est pourrie et nous oblige à rouler à 50 km/h, les villages sont en tôle rouillée avec un petit fil électrique par ci et par là, le français n'est plus la langue officielle mais celle des méchants, celle des militaires qui ont des barrages de clous et de barbelés sur la route et qui font chier tous ceux qui ont un accent latino (càd presque tout le monde)... On le sent, on le voit,  on est désormais dans le pays des trafiquants de drogues, des gangs de voleurs, des légionnaires et des gendarmes lourdement armés, enragés, répressifs et anti-immigration, des tout petits paysans qui galèrent, des gens prêts à tout pour gagner un peu d'argent... Un vrai contexte post-colonial négligé...Je suis content de découvrir la réalité d'un DOM français, dont l'image est si belle depuis la métropole...

Qu'à cela ne tienne!  On finit par arriver à St-George de l'Oyapock, dernière "ville" guyanaise avant le Brésil. Tout le monde parle portugais, et un peu français. On doit garer notre C1 dans un parking privé gardé, à raison de 10 euros la nuit, afin d'éviter de se la faire défoncer ou voler. Par parking privé, comprenez un bout de terrain, un jardin, ou une cour intérieure où se tassent les voitures. Tout un business. Un bon filon surtout.

On traverse ensuite le fleuve, et nous voilà à Oiapocke au Brésil le temps d'un repas et de quelques bières! Changement radical d'ambiance. Alors que St-Geaorge ressemble à une ville fantôme avec ses bâtiments rouillés, tagués "EDF tue le peuple guyanais", et ses ruelles désertes, Oiapocke envoie du son, fait la fête dès le matin, les gens sont tous dans les rues, chantent, dansent, crient, jouent de l'harmonica, roulent à 4 sur les motos, vendent de la viande ou du poisson grillés, des tissus, des babioles à la con... Un vrai bazar populaire qui me fait penser à certaines ambiances des chansons de Manu Chao. Brazil, Brazil. J'ai vraiment aimé cet aperçu du Brésil et je reviendrai volontiers découvrir ce pays! Surtout pour ses plats de viande à 5 reals! Faut bien qu'il y ait un avantage à déforester dans les cerrados pour faire de l'élevage bovin!

On s'attarde un peu, le temps de faire le plein de nourriture, d'acheter du rhum brésilien dégueu (le 51, je vous le déconseille) et des jus de fruits à base de lait de soja (OGM bien sûr, beuh, dégueu aussi). On reprend la pirogue sur l'Oyapock et direction Saut Maripa à 40 min. en amont.

Le Saut Maripa est une zone de rapide de l'Oyapock de près de 14m de dénivelés. Une zone impressionante, impossible à traverser en pirogue en saison des pluies lorsque le fleuve crache ses quelques millliers de m3/s.

Mais le Saut Maripa est aussi pour nous l'occasion de découvrir un site magnifique qui assouvit notre soif de nature, de paysage, d'ambiance! On en profite pour se baigner, se laver un minimum (après 2 jours de sueur et de crasse ça fait du bien!), se prélasser au soleil, se ballader et vaincre sa peur des crocodiles et des piranhas (n'est-ce pas Juju?).

On cotoit des Amérindiens qui pêchent, des femmes qui lave leur linge, des gosses qui jouent. On cotoit également des légionnaires qui sont en poste dans cette sauvage nature et qui ont pour mission de surveiller les éventuels passages d'orpailleurs clandestins en provenance du Brésil que l'on voit juste en face. Et puis il y a les randonneurs comme nous qui viennent se baigner et passer la nuit près du fleuve. Un drôle de mélange, à l'image d'une drôle de réalité.

La nuit est moins agitée que la précédente, même si les crapauds croassent à tue-tête (j'ai dénombré 12 croassements différents et certains fouttent presque les boules!). Le lendemain commence par un lever de soleil paisible qui réveille doucement toute ce monde aquatique. Une baignade à la fraîche et hop, il faut déjà redécoller, il y a bien du chemin pour rejoindre Kourou! Super week-end!

                Attention Ju! Ya un truc qui va te mordre!



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Publié à 01:44, le 16/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Une belle nuit à la belle
Publié dans La Guyane

Juju est arrivée! A peine rentrée du Bénin et après un séjour éclair en France, la voici maintenant en Amazonie avec moi! Son bilan carbone n'est pas bon mais je suis bien content de la voir (enfin) ici parmi les stagiaires, thésards, VCAT,... de l'UMR. 

Coté boulot ma semaine a été plutôt cool. Le projet dans lequel s'insère mon stage n'a pas reçu les financements promis (phénomène triste mais très commun dans la recherche française...) et la logistique du terrain est donc devenue difficile à assurer. J'ai été en qq sortes au chômage technique...

On en a donc profité pour partir plus tôt en WE (l'avantage d'être stagiaire) et pour se lancer dans une belle expédition de 3 jours . De quoi confronter la Juju à son nouvel environnement : la forêt tropicale humide et toutes ses réjouissances!

Et c'est parti! Direction l'est de la Guyane en C1, arrêt à Cayenne pour récupérer Paul, puis route vers Régina et les Savanes-Roches. Pour la petite explication naturaliste, les Savanes-Roches sont des inselbergs, grands massifs granitiques nus, qui émergent au dessus de la canopée. Un écosystème d'altitude bien particulier où seules certaines herbacées et arbustes ne poussent. Un lieu privilégié pour l'observation des paysages forestiers. Un grand moment d'émotion devant l'immensité que l'on surplombe et où l'on se sent respirer! Aaah.

Après une bonne heure de grimpe dans la forêt, on s'arrête pour la nuit sur cette île ocre et minérale  perdu l'océan de verdure végétale qui nous entoure. Oui j'aime bien les îles, j'avoue.

Contrairement à la paix qu'inspire la panorama, les nuits en forêt ne sont jamais vraiment très calmes. Celle-ci en particulier. Déjà, on a dormi sur une bache, à même la roche. Un inconfort relatif source d'agitation. D'ailleurs j'ai eu une petite pensée pour Youl et Carter dans leur bush australien l'année dernière qui ont inauguré ce style romano-nature que nous avons emprunté ici... Et puis il y a ces foutus insectes qui grattent, qui grimpent, qui nous montent dessus pendant la nuit et qui nous font pschycoter (une araignée? un serpent? non une fourmi géante, ouf, mais est-ce mieux?), il y a les chauves souris qui virvoltent parfois très bas, qui peuvent mordre et qui ont la rage, il y a les châblis qui résonnent d'un coup comme un orage et qui se suivent d'un calme mortel (celui de l'arbre mort), il y a les singes hurleurs qui hurlent comme des minotaures complètement cons durant des heures comme s'ils étaient prêts à nous bouffer et puis toutes ces autres bestioles qui émettent des sons bizarres et qui bougent dans les feuillages! La nuit la forêt s'agite, c'est harlem! Personne ne fait gaffe aux gens qui dorment. Seule la voute céleste est calme... Encore que. Bref, on se sent bien entouré quoi...On a de la compagnie toute la nuit. Une drôle d'ambiance...Mais c'est la vie au sens le plus strict! On sent la forêt devenir une arène de combat sanglante, où tous s'affrontent sans scrupule aucun, aucun empereur n'est là pour accorder sa clémence, le pouce est toujours tourné vers le bas, les plus forts et les plus malins gagnent et les autres crèvent et basta! Et la question qui s'impose : et moi, je suis vraiment fort? Face à la violence du spectacle, la réponse on la connaît et c'est flippant. En tout cas, on pourrait imaginer de la musique tribale, tamtam et didjeeridoo à 200db avec de grosses basses vibrantes (c'est fat!) sans dénaturer ce qui se passe là dans la nuit noire et que l'on ne voit même pas!  Quelque part tout ça c'est beau... en tout cas, j'ai été litérralement bluffé en réalisant le bordel devant lequel je me tenais... C'est marrant mais ça n'a pas trop gêné ma Juju tout ça, elle a dormi comme une souche... ça aussi c'est beau!

Notre réveil au dessus de la brume à 5h du mat' est irréaliste, tout est redevenu calme, gueule de bois généralisée pour tous les fétards de la forêt, l'orgie est terminée...

De notre coté, malgré un manque de sommeil avéré, on est en pleine forme (oui maman je vais bien!) et on est prêt à repartir, machette en main (prêt à me défendre papa!), sac sur le dos, pour de nouvelles aventures! Une ptite pensée pour toi SO-mister rando!

La suite au prochain épisode!



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Publié à 04:22, le 14/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Quand les singes nous singent
Publié dans La Guyane

Vous voyez cet animal? Vous le voyez bien? C'est un saïmiri. Un petit primate arboricole diurne assez commun des forêts du littoral. Un petit singe quoi. Je vous fais un peu de faunistique là. Alors oui c'est vrai, c'est assez mignon à regarder et son pelage gris-jaune a l'air plutôt doux. Peut-être plein de puces mais doux. Les petits cris stridents et les regards qu'il échange avec ses camarades lui donne aussi un charme fou. On pourrait presque y voir un gremlins avec un peu d'imagination, un guizmo, non? Mais ATTENTION! Je vous mets d'emblée en garde! Les saïmiris ont une énergie débordante et une curiosité sans égal! Ils vivent en bande : si vous en voyez un, vous ne tarderez pas à en voir une vingtaine tout autour de vous. Tous sautent inlassablement de branche en branche! De vrais agitateurs qui font tout pour se la péter et attirer votre attention! Et ils prennent vite la confiance les bougres quand ils vous voient galérer à avancer dans la forêt... Alors ils n'hésitent même plus à fouiller dans votre sac (à croire que ces foutus singes ont aussi des sacs à dos chez eux!) et puis ils commencent à s'intéresser plus particuièrement à tout ce qui se mange. Comme votre pique-nique...Et moi j'aime pas trop quand on essaie de me prendre MA nourriture!

Cet individu a été photographié sur l'îlet la Mère où nous passions la journée avec Féfé. Un bout de caillou à 30 min. de mer de Cayenne. Un très bel endroit, préservé de toute construction humaine et renfermant un patrimoine géologique très rare du massif des Guyanes, ce qui implique également un faciès floristique bien particulier. Bref, cette petite île est également appelé l'île aux Singes.

Et on a vite compris pourquoi! Enfin, Féfé a vite compris pourquoi! A peine avait-il sorti son bout de pain à l'heure du déjeuner qu'un gentil saïmiri s'est précipité pour le lui enlever des mains! Avec succès! La bestiole est aussitôt repartie dans les bois qui bordent la plage où nous nous étions installés, avec une fierté tangible... et surtout le bout de pain! Du coup le pique-nique s'est transformé en un jeu d'ego : d'un coté les singes qui avaient l'ascendant moral et qui ne lachaient pas l'affaire devant les denrées que nous possédions, et de l'autre coté l'humain bien décidé à manger tout ce qu'il a apporté (jusqu'à la dernière miette de pain dans le sable) et surtout sans perdre la face devant son cousin phyllogénétique... ça s'est quand même terminé en lancer de sable et en crachas d'eau! et les singes ont eu raison d'une de nos boîte de maquereaux (nos protéines du repas!). Pour une simple question d'honneur, j'estime que nous nous en sommes tirés vainqueurs! YES!

Bon, à part notre vive altércation avec le règne animal, la découverte de l'île nous a également menés à la rencontre de fromagers siamois gigantesques! Je précise juste pour éviter les malentendus que le fromager n'est pas un homme bedonnant franchouillard avec une moustache qui sent le fromage (oh la belle image), mais une espèce d'arbre quasi sacrée aux yeux des créoles! Un arbre protecteur. Un arbre résistant. Un arbre imposant. Les éléments porteurs des charpentes des maisons traditionnelles sont tous en bois de fromager, afin de garantir la longévité de la maison, c'est-à-dire le bonheur et la sécurité de la famille.

A la fin de notre excursion, le retour en bateau nous a offert un moment magique supplémentaire avec un magnifique coucher de soleil sur une mer d'huile accompagné d'une légere brise chaude... J'aime bien ce qu'on ressent dans ce genre de moment...

A notre arrivée nous avons rejoint Paul, notre acolyte irlandais, à Cayenne. En bon irlandais d'ailleurs, il nous amené à la découverte des bars brésiliens de la capitale... Je préfère vous passer les détails et laisser les images parler d'elles-même. Le résultat n'a pas été facile à vivre, jugez en vous-même... 

Ceci dit, cela nous a pas empêché de repartir le lendemain en marche le long du littoral cayennais. Et quelle joie encore de découvrir des plages désertes ensoleillées à la sortie de la forêt sombre, des plages de sables, des plages de roches, des plages de vase, de pouvoir se rafraichir dans une eau à 28°C (difficile à croire mais 28°C, ici, c'est rafraîchissant!), de se laisser porter par les rouleaux et de s'échouer pour la sièste... La nuit difficile est vite oubliée et tout le monde respire à nouveau la joie de vivre!



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Publié à 11:20, le 6/10/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


Araignée du soir...
Publié dans La Guyane

Bon et bien suite à la demande pressante de certains, voici la star du moment! J'ai nommé la mygale du soir! Vous noterez qu'elle a le bout des pattes oranges, c'est un trait caractéristique de cette espèce de mygale commune des habitations guyanaises. Ce beau spécimen (un peu plus petit que ma main) n'a malheureusement pas pu être pris dans ma chambre comme j'aurais aimé mais sur le mur externe de mon bureau. Au soleil, tranquille. Sachez tout de même que ce ne sont pas des ennemis, elles bouffent les blattes! Alors s'il y a un choix à faire, lequel feriez vous ? La mygale qui vit dans le toit disrètement ou les grosses blattes qui courent partout sous les meubles...



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Publié à 09:02, le 30/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou


De la forêt et des arbres!
Publié dans La Guyane

Aller, revoici qques nouvelles! ces derniers jours ont été plutôt bien remplis! Je ne dis pas que le boulot a été insurmontable mais il y a également eu les dernières (grosses) soirées rhumatisées avec le FTH (ils sont repartis pour Montpellier), les balades et les siestes en sueur, tout ça ça compte!

Bon coté boulot, voilà plusieurs jours que je suis en phase "repérage". En pratique, ça veut dire que je me promène dans la forêt avec mon maître de stage et des techniciens, à la recherche de sites intéressants pour la suite de mon étude. En fait, je cherche à définir l'autoécologie de certaines espèces associées aux bas-fonds, c'est-à-dire que j'essaie d'expliquer par des éléments environnementaux assez fins (nature du sol, accès à l'eau,...) la présence de certaines espèces dans des zones géographiques bien cantonnées, ici les bas-fonds. L'idée est de quantifier les associations espèces-milieu. Quand je dis bas-fond, comprenez évidemment boue, flotte marron, marécage, moustiques, moustiques, moustiques... Les promenades de "repérage" consistent donc à patauger en bottes dans de la bouillasse pendant des heures avec du barda sur le dos, sous 35°C, à se débattre avec la végétation luxuriante pour se frayer un chemin ,tout en évitant les araignées et les racines croche-pied, et en essayant de repérer les espèces qui nous intéressent parmi la multitude de choses qu'on rencontre (600 espèces à l'ha contre 4-5 en métropole, rien que ça!). Les sites intéressants, dont vous avez un magnifique exemple ci-contre, sont ceux où nos espèces d'études sont suffisamment abondantes pour avoir des relevés "statistiquables". Vous avez compris ? Pas franchement, c'est pas grave. Tout ça pour dire que la recherche, c'est de l'intellect mais aussi du physique! Et je ne veux pas entendre "ça sert à rien ce que tu fais"!

Après ces moments difficiles, où l'on perd plusieurs litres d'eau à l'heure plusieurs jours durant, le WE est bienvenu! Et quoi de plus bon que d'aller randonner en forêt? On s'est attaqué au mont Mahury sur l'île de Cayenne. Je ne vous cache pas que l'on a croisé des arbres (pas tous vivants) et des marais! C'est peut-être difficile à croire mais on en tire des impressions à chaque fois différentes et personellement je ne m'en lasse décidemment pas!

De retour sur le campus à Kourou, on fête le départ des étudiants ENGREF qui vont reprendre les cours à Montpellier. Une soirée en pleine air, digne des grandes soirées Lavallette avec ses choppes multiples, ses grillades à 3h du mat', ses chorées alcoolisées endiablées entraînées par le zouk torride des Africains (merci Marcel et vive la côte d'Ivoire), les chants barbares irlandais (merci Paul), le rock plus qu'acrobatique de la Pologne (merci Jan, ESB t'as du boulot...)  et l'attitude fêtarde guysée montpelliéraine (merci à la barbe très moche de Féfé), et la FIF (décidement ceux là on se sent obligé de les rajouter partout sous prétexte qu'il y a de la forêt partout, mais on les aime bien au village, hein Hélène ?). Bref! ce départ bien triste finalement, s'est traduit par une gueule de bois (encore les arbres!) et surtout par un calme soudain trop calme sous les cocotiers kourousiens... Mais on se reverra c'est sûr! C'est qd même cool la césure!

Aller deux dernières photos pour montrer à maman que je vais bien, que mon hamac me supporte et qu'il fait beau en Guyane :



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Publié à 11:19, le 29/09/2008 dans La Guyane, Bourg de Kourou